Montréal-Nord est le cancre du recyclage
« Le constat n’est pas à la hauteur de nos attentes, déplore le maire Gilles Deguire. Il faut maintenant prendre le taureau par les cornes pour maximiser le recyclage. Nous voulons que tous les citoyens soient parties prenantes du processus. »
L’arrondissement envisage donc plusieurs mesures pour renverser la tendance (voir autre texte).
Pas écolo Montréal-Nord?
La principale lacune de Montréal-Nord est au niveau de la récupération des matières recyclables, comme le verre, le plastique et le papier.
En 2013, 5828 tonnes (46 %) de ces déchets de l’arrondissement ont échappé aux sites d’enfouissement, soit 2 % de moins que l’année précédente. Sur l’ensemble du territoire de la métropole, ce taux est resté stable à 58 %, selon un récent bilan produit par l’agglomération de Montréal.
« Ça ne me surprend pas d’apprendre que les gens récupèrent peu à Montréal-Nord. Quand je promène mon chien, je vois peu de maisons qui mettent de la récupération au chemin », raconte le citoyen Jean Morency qui se plaint aussi des gens qui jettent des déchets dans les bacs de recyclage de leurs voisins.
Il n’est pas le seul. Plusieurs personnes interrogées ont également remarqué la présence de détritus dans les bacs de recyclage.
« Quand on passe près des bacs, surtout ceux des blocs appartements, souvent ça ne sent pas bon et il y a beaucoup de mouches. Ils se servent des bacs de recyclage comme poubelles. C’est absurde! », s’indigne pour sa part Robert Huet, un résident.
Retard historique
Ce retard en matière d’environnement ne date pas d’hier. Le maire Deguire attribue, en partie, ces mauvais résultats à l’adoption tardive de la collecte sélective sur le territoire.
Notons que ce n’est qu’en 2003 que Montréal-Nord a emboîté le pas aux autres arrondissements qui faisaient déjà la collecte sélective au tournant du millénaire. Au départ, seulement 50 % du territoire nord-montréalais était desservi.
En 2007, la collecte a finalement été étendue à l’ensemble du secteur et 507 bacs roulants ont été distribués dans le quartier.
Depuis, des efforts considérables ont été faits pour inciter les gens à recycler.
En 2011, 11 200 bacs supplémentaires ont été distribués afin que chaque foyer ait le sien.
Deux ans plus tard, l’arrondissement a distribué 10 080 bacs portatifs pour rendre le recyclage plus attrayant, particulièrement dans les immeubles d’habitation. Des étudiants ont aussi été embauchés pour patrouiller sur le territoire durant l’été et sensibiliser la population.
Les nombreuses campagnes de sensibilisation ont d’ailleurs été remarquées par les personnes interrogées par notre journaliste.
« Depuis trois ans et demi, nous tentons de faire passer le message en expliquant aux gens que c’est important pour la planète. Ceux qui sont sensibles à cet argument ont été rejoints », estime Alain Legault, directeur général par intérim de l’arrondissement.
Une initiative a également été lancée cette année afin de mettre à contribution le secteur commercial. Déjà 614 commerces ont demandé un bac de récupération sur les quelque 1400 entreprises du secteur.
Il n’y a pas que du côté du recyclage que Montréal-Nord fait mauvaise figure. Elle se classe aussi au 25e rang sur 33 pour les matériaux secs et encombrants et au 29e rang pour les résidus domestiques dangereux. Idem pour la récupération des matières organiques.
Contrairement aux arrondissements de Rosemont-La Petite-Patrie et Le Plateau, aucune collecte de matière compostable n’est envisagée pour l’instant à Montréal-Nord. L’administration attend que les usines de compostage et de biométhanisation qui acceuilleront ces déchets soient complétées avant de lancer le projet.