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Une gestionnaire du CHSLD Herron sermonnée par la coroner

Le CHSLD Herron, à LaSalle.
L'histoire du CHSLD Herron, à LaSalle, avait ému l'opinion publique il y a quelques semaines déjà. Photo: Josie Desmarais/Métro

«On est sur deux réalités complètement différentes». La coroner qui préside les audiences publiques sur les 47 décès survenus au CHSLD Herron a sermonné la responsable des ventes et des relations externes de l’établissement privé. Il s’agit de la première des trois gestionnaires à témoigner lors de cette enquête

Depuis lundi dernier, des cadres du CIUSSS-de-l’Ouest-de-l’île-de-Montréal et des membres du personnel soignant, qui ont travaillé le 29 mars 2020, ont fait état à la coroner de la «situation critique» dont ils ont été témoins. 

Puisque la majorité des employés réguliers du centre avaient déserté l’endroit, plusieurs résidents, affamés et déshydratés, ont été retrouvés «dans leur merde» cette soirée-là. 

Devant la sévérité de la situation, la directrice des soins professionnels et directrice adjointe au CIUSSS, Dre Nadine Larente, a même fait appel aux membres de sa famille pour qu’ils prêtent main forte. 

Cette image-là va rester marquée longtemps dans ma tête. Si je fais ça un jour, c’est que je suis dans une situation extrêmement urgente.

Me Géhane Kamel, coroner qui préside l’enquête publique sur les CHSLD

Un «clash» entre les versions

Or, lorsque la responsable des ventes et des relations externes du CHSLD Herron, Tina Pettinicchi, amène des cabarets à une poignée de résidents du deuxième étage le soir du 29 mars, elle «n’a pas senti qu’ils étaient différents de d’habitude». 

Cette version des faits a fait sourciller la coroner, Me Géhane Kamel, qui estime qu’il y a un «clash» entre son récit et celui du CIUSSS. «Ce qui est assez clair maintenant, c’est qu’il y a des résidents qui n’ont pas mangé ni pris leur déjeuner ni leur dîner», a-t-elle déclaré. «Mais vous, vous allez faire le tour et tout va bien?»

Mme Pettinicchi est restée ferme sur sa position, réitérant que les six résidents qu’elle avait vu ce soir-là semblaient bien aller.

«C’est peut-être de là que part le problème madame, lui a répondu Me Kamel. Au niveau de la perception de ce qui se passe dans cet établissement-là, on est sur mer et monde. On est sur deux réalités complètement différentes.»

Selon la perception de Tina Pettinicchi, les besoins étaient plutôt au niveau de la distribution des plateaux de nourriture. 

Le 30 mars, le CIUSSS a pris la responsabilité du CHSLD Herron à la demande du gouvernement.

Le témoignage de Mme Pettinicchi se poursuivra lundi matin. Les deux autres gestionnaires de l’établissement privé, Andrei Stanica et Samantha Choweiri, sont aussi attendus lors de cette dernière journée de témoignages. 

Le CHSLD Herron a fermé ses portes à l’automne 2020. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a déjà annoncé qu’il ne déposerait pas d’accusations dans ce dossier. 

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