Montréal
15:31 26 novembre 2019 | mise à jour le: 26 novembre 2019 à 15:44 temps de lecture: 3 minutes

La directrice générale des marchés publics de Montréal quitte son poste

La directrice générale des marchés publics de Montréal quitte son poste
Photo: Zacharie Goudreault/ MétroLe Marché Jean-Talon

La directrice générale de la Corporation de gestion des marchés publics de Montréal (CGMPM), Isabelle Laliberté, quittera son poste le 6 décembre. Un départ qui survient dans un climat de vives tensions entre les commerçants du Marché Jean-Talon et la direction.

Mme Laliberté quittera son poste le 6 décembre. Le responsable du développement des marchés publics, Nicolas Fabien-Ouellet, occupera ce poste de façon intérimaire. Le conseil d’administration devrait par ailleurs déclencher «sous peu» le processus d’embauche afin de recruter «un candidat ou une candidate qui succédera à Isabelle», indique la Corporation par voie de communiqué.

«Nommée en pleine transition organisationnelle, Isabelle a permis, par son travail, le redressement de nombreux aspects de la CGMPM, notamment sur les plans financier, opérationnel et des ressources humaines», ajoute la déclaration écrite.

Selon La Presse, Mme Laliberté ira travailler chez les éleveurs de porc du Québec. La Corporation de gestion des marchés publics, pour sa part, mentionne simplement que la directrice générale «relèvera sous peu d’autres défis professionnels».

La CGMPM chapeaute notamment les quatre grands marchés publics de Montréal, soit Jean-Talon, Atwater, Lachine et Maisonneuve.

Crise des marchés publics

Mme Laliberté, qui occupe ce poste depuis le 8 octobre 2018, a dû faire face à une véritable crise au sein des marchés publics dans les derniers mois.

En août dernier, six membres du conseil d’administration ont démissionné en bloc «par crainte pour leur intégrité personnelle». Des enquêtes policières sont d’ailleurs en cours pour faire la lumière sur des activités problématiques ayant lieu notamment dans le Marché Jean-Talon.

Depuis, la Corporation a revu la composition de son conseil d’administration. L’organisme a alors recruté en octobre cinq membres de l’externe pour siéger aux côtés de quatre commerçants.

Puis, deux des quatre membres de l’interne qui y siégeaient ont démissionné en raison des doutes soulevés à leur égard. Une assemblée générale doit d’ailleurs avoir lieu mercredi pour remplacer ces deux postes toujours vacants.

Expulsions

Un rapport confidentiel du Contrôleur général de la Ville de Montréal datant de 2018, que Métro a pu consulter, détaille plusieurs «irrégularités» ayant cours dans les marchés publics de la métropole.

Le document soulève notamment des cas de sous-location et de revente d’emplacements, ce qui contrevient aux règlements de la Corporation.

L’organisme a depuis entamé des démarches pour mettre fin à ces pratiques illégales. Cela a ainsi mené à l’expulsion de quelques commerçants.

«Ces personnes-là, c’est parce qu’elles ne voulaient pas se mettre aux normes», a expliqué au début du mois le responsable du développement économique à la Ville de Montréal, Robert Beaudry.

Par crainte d’être forcés à quitter leur kiosque, des commerçants du Marché Jean-Talon ont entamé des poursuites judiciaires en Cour supérieure pour forcer la Corporation à renouveler leur bail pour l’hiver.

La Ville, qui possède les terrains où sont situés les marchés publics, conserve pour sa part la possibilité de mettre fin au bail de la Corporation si celle-ci ne réussit pas à assurer une «gouvernance saine». La Ville trouverait alors un autre organisme pour gérer les marchés publics.

 

 

 

 

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