Montréal

Les abreuvoirs se font plus rares

Les fontaines d’eau se font de plus en plus rares dans les universités et les collèges canadiens. Les administrations leur préféreraient les machines distributrices, conclut une étude diffusée hier.

Le tiers des répondants interrogés ont constaté une diminution du nombre d’abreuvoirs sur leur campus, alors que 43 % ont dénoncé les délais de réparation des abreuvoirs défectueux, selon l’étude menée par le Centre canadien de politiques alternatives, le Syndicat canadien de la fonction publique et l’Institut Polaris.

Selon Tony Clarke, directeur de l’Institut Polaris, les établissements d’enseignement limitent l’accès à l’eau potable du robinet pour des raisons purement mercantiles. «Les universités et les collèges canadiens cèdent à la pression exercée par Coke et Pepsi, qui tentent d’éliminer la concurrence en faveur de leur eau en bouteille», avance-t-il.

Moins de fontaines

L’organisation Eau Secours n’est pas surprise des résultats de l’étude. «Nous avions déjà des échos à l’effet qu’il y a moins de fontaines d’eau dans les lieux publics, a commenté la présidente, Martine Ouellette. La réduction du nombre d’abreuvoirs dans les universités va dans le sens de cette tendance. Plusieurs universités ont des ententes d’exclusivité avec certaines compagnies et prennent les moyens pour s’y conformer.»

La grande majorité des répondants ont affirmé que leur établissement d’enseignement possède une entente d’exclusivité avec une compagnie de boissons; 54 % ont indiqué que cette entente avait été signée avec Coke et 40 %, avec Pepsi.

À l’UQAM, qui n’a pas fait l’objet de l’étude, aucune entente d’exclusivité n’incite l’université à limiter l’accès aux fontaines d’eau. «Nous avons accordé un contrat d’entretien à une firme extérieure, qui veille à maintenir leur bon état», a précisé la porte-parole de l’UQAM, Huguette Lucas.

L’Université de Sherbrooke, qui était visée par l’étude, a tenu à démentir ses conclusions. «Nous n’avons aucune politique d’élimination des fontaines d’eau; d’autant plus que nous avons une politique de développement durable», a fait valoir la porte-parole Caroline Dubois.
Le sondage a été effectué en ligne auprès de 85 répondants provenant de 48 institutions d’enseignement.

Métro a tenté, en vain, d’obtenir l’avis des autres universités de Montréal.

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