Une diversité à découvrir
Le quartier chinois attire chaque année son lot de touristes et de Montréalais pour ses bonnes tables, ses boutiques et ses marchés d’alimentation exotiques. Mais outre ce coin de ville qui lui est dédié, que savons-nous de la communauté chinoise de Montréal?
«La culture chinoise est une culture très forte, fait valoir Jean-François Leclerc, directeur du Centre d’histoire de Montréal. Ce que les Montréalais en connaissent le plus est sans aucun doute la cuisine, mais il y a plusieurs autres choses qui gagneraient à être découvertes.»
En effet, la communauté chinoise de Montréal est riche d’une grande diversité souvent méconnue, explique l’historien. «Au départ, les immigrants chinois provenaient presque tous des province de Guangdong et du Fujian, et parlaient le cantonnais, explique-t-il. Mais autour des années 1970-1980, l’immigration s’est diversifiée. Il y a même des Chinois des communautés minoritaires d’Asie qui ont adopté Montréal comme terre d’accueil.»
C’est donc une grande diversité de communautés, de dialectes et de générations, où des immigrants de première, de deuxième et de troisième générations se côtoient, qui compose aujourd’hui la communauté chinoise de Montréal.
Une communauté à démystifier
«On côtoie énormément de gens à Montréal, mais on ne leur parle pas nécessairement, soutient M. Leclerc. Et les Chinois ont une culture assez ostracisée, plutôt tournée sur elle-même. La communauté chinoise s’est donc, en général, moins mêlée aux diverses communautés montréalaises que d’autres.»
C’est pour lever les barrières et favoriser les échanges qu’ont lieu des événements comme le Mois du patrimoine asiatique, dont l’événement vedette est le Festival Accès Asie, qui se déroule aussi durant tout le mois de mai.
«Le Mois du patrimoine asiatique et le Festival Accès Asie donnent une visibilité à la communauté chinoise, rappellent qu’elle a une place importante dans la ville, souligne M. Leclerc, qui explique que le Centre d’histoire est associé par coïncidence à ces événements, en raison du projet EnQuête d’histoires du Musée de la personne portant sur des témoignages de Canadiens d’origine chinoise. C’est un prétexte pour amener les gens à se côtoyer, et le meilleur qu’on peut en tirer, ce sont les liens créés par ces rencontres.»