L’itinérance augmente toujours à Montréal et au Québec
Il y a encore plus de personnes en situation d’itinérance que jamais, tant à Montréal que dans l’ensemble du Québec, selon les chiffres préliminaires du dernier recensement de la population itinérante. Une situation jugée critique par le milieu.
Selon les données dévoilées jeudi par le ministère de la Santé et des Services sociaux, il y avait 12 077 personnes en situation d’itinérance visible à travers le Québec. De ce nombre, 5036 se trouvaient sur l’île de Montréal. C’est une augmentation de plus de 20% pour la province, ou 6,7% à Montréal.
«C’est une tendance qui est vraiment dangeureuse. Il faut en faire beaucoup plus que tout ce qu’on a pu faire par le passé», lance James Hughes, président-directeur général de la Mission Old Brewery.
M. Hughes s’inquiète surtout de l’augmentation importante du nombre de personnes qui campent à l’extérieur des refuges: 14% d’augmentation par année.
«C’est la donnée la plus alarmante du rapport. On n’est pas équipés pour y faire face, ni à Montréal ni au Québec.»
M. Hughes salut toutefois les efforts de la Ville de Montréal, notamment avec son protocole de gestion des campements.
La Montérégie et la Capitale-Nationale aussi touchées
Outre les 5000 personnes dénombrées à Montréal, deux autres régions franchissent le cap des 1000 personnes en situation d’itinérance visible. Il s’agit de la Montérégie (1033) et de la Capitale-Nationale (1084).
Per capita, Montréal demeure au sommet de la liste avec 229,5 personnes par 100 000 habitants. L’Abitibi-Témiscamingue suit avec 205,9 personnes, puis l’Outaouais avec 200,7 personnes.
La vaste majorité de l’augmentation du nombre de personnes en situation d’itinérance provient de l’extérieur de Montréal. Si la métropole a vu presque 300 personnes s’ajouter à la population itinérante – un chiffre qui, déjà, met de la pression additionnelle sur les ressources – des régions bien moins peuplées en ont vu autant. Environ 330 de plus dans les Laurentides, 223 en Montérégie, 202 en Outaouais, 164 à Québec, etc.
Une transformation réclamée
Selon James Hughes, les réponses proposées par les différentes formations politiques ne peuvent pas offrir une approche business as usual à la crise de l’itinérance. L’augmentation des sommes attribuées à la lutte à l’itinérance, autant par le gouvernement de la CAQ que par l’administration montréalaise, sont certes utiles, mais elles sont insuffisantes. Il réclame de tous les partis qui se présentent aux élections de cet automne un plan «musclé» et «transformationnel».
Un plan qui s’attaque à la fois à l’itinérance déjà présente et au manque de logements.
«La crise du logement crée une crise de l’itinérance», souligne M. Hughes. «Il y a des gens qui se trouvent en campement ou ailleurs directement à cause des évictions. Nous n’avons pas le choix que de développer des nouveaux réflexes.»
L’enjeu de l’itinérance a pris bien peu de place dans la campagne à la chefferie de la Coalition Avenir Québec, dont l’issue sera connue dimanche. Selon un média local de Victoriaville, le candidat Bernard Drainville s’est dit «surpris» de l’ampleur du phénomène en région. Il a promis de s’y attaquer en améliorant l’accès à des logements abordables.
Le Parti québécois et Québec solidaire ont tous deux promis que le logement et l’itinérance occuperont une place centrale dans leur campagne électorale.
Consultez les résultats préliminaires du dénombrement de la population itinérante 2025: