«Le meilleur Turcot possible»
Le gouvernement du Québec a présenté mardi, à une salle triée sur le volet, la nouvelle mouture de son projet de réaménagement du Complexe Turcot. Un an après le dépôt du rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur le projet Turcot, le ministère des Transports du Québec (MTQ) s’est vanté d’avoir retenu 37 de ses 39 recommandations.
Cela a eu pour effet d’augmenter de près de 40 % la superficie des structures en hauteur qui seront construites, de réduire à 4 le nombre de bâtiments qui seront soumis à des expropriations, d’inclure une voie réservée au transport en commun en site propre et de protéger l’écosystème de la falaise Saint-Jacques. Cependant, la capacité routière du Complexe sera maintenue, des remblais sont toujours prévus dans certains secteurs de la ville et, outre la voie réservée, aucun nouveau projet de transport collectif n’a été inclus.
«Dans le contexte actuel et avec les contraintes que nous avions, c’est le meilleur projet auquel nous pouvions arriver», a assuré le ministre des Transports, Sam Hamad. Gérald Tremblay a indiqué que, même s’il répond aux préoccupations de la Ville, le projet est un «compromis».
Les opposants à Turcot loin d’être séduits
Le ministre des Transports, Sam Hamad, a promis aux Montréalais de leur offrir «une structure moderne, aux couleurs d’aujourd’hui, capable de répondre aux besoins de demain» lors du dévoilement du nouveau projet de réaménagement du complexe Turcot. Plusieurs opposants au projet initial n’ont cependant pas été séduits par la nouvelle proposition de Québec.
Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, s’est montré particulièrement cinglant, qualifiant l’annonce du ministère des Transports (MTQ) de manipulation sournoise et malhonnête. «Ce qui a été présenté est mensonger, fallacieux et manipulatoire, a-t-il déclaré. Les images qui ont été présentées sont séduisantes et enthousiasmantes, mais elles n’ont qu’un but : induire la population en erreur. Je crains d’ailleurs que l’exercice de séduction auquel s’est livré le MTQ soit efficace.»
M. Bergeron a particulièrement critiqué la décision du MTQ de maintenir la capacité routière du complexe et la place qu’il a réservée au transport en commun, qu’il juge nettement insuffisante. Le critique péquiste en matière de Transport, Nicolas Girard, a aussi remis en question le choix du gouvernement de ne pas bonifier l’offre de transport en commun dans l’axe est-ouest. «Le projet initial était très mauvais, a-t-il affirmé. Depuis, il y a eu des améliorations notables en termes de transport collectif, mais nous restons sur notre appétit. Nous aurions souhaité que le MTQ inclue le tram-train vers Lachine dans son projet afin de mieux desservir les populations de l’Ouest-de-l’Île.»
Le maire de l’arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais, s’est pour sa part soucié des impacts du nouveau complexe sur la santé de ses concitoyens. «Le projet qui nous a été présenté n’améliore en rien la situation que dénonçait la Direction de la santé publique de Montréal. On ne diminue pas la pollution», a-t-il soutenu. Richard Bergeron accuse Gérald Tremblay d’avoir «trahi les Montréalais» avec ce projet. «C’est un jour noir pour les Montréalais, qui auraient été beaucoup mieux servis si M. Tremblay s’était tenu debout», a-t-il conclu.
Turcot en bref
Le nouveau complexe Turcot comprendra :
- 128 km de voies routières
- 5 km de pistes cyclables
- Une bande verte de 30 m au pied de la falaise Saint-Jacques
- Une dalle-parc qui reliera la falaise Saint-Jacques et le canal Lachine
- Le verdissement d’un secteur de 30 hectares, soit l’équivalent de 39 terrains de football
- Une voie réservée en site propre sur l’autoroute 20
- 3,3 km de murs antibruit
- D’autres projets pourraient éventuel-lement se greffer au complexe, dont le Quartier du canal, au sud de l’autoroute 20, un tramway, de nouvelles voies réservées sur les rues Notre-Dame et Saint-Patrick, la navette ferroviaire et le train de l’Ouest.