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Y a comme un défaut…

Comme d’habitude, l’heure était aux bilans au lendemain du gala de l’ADISQ. On a aimé ou détesté. On est en accord avec les choix ou alors on crie à la bêtise institutionnelle. Que voulez-vous, nos partys culturels, ils finissent souvent comme ça.

Pour certains, le gala de cette année aura été celui où la différence entre les goûts du public et les choix des jurys spécialisés aura été plus manifeste que jamais. Il n’y a pourtant rien de bien neuf là-dedans. Déjà il y a 40 ou 50 ans, c’était la même chicane qui opposait yéyés et chansonniers. D’un côté, ceux qui vendaient des disques à la tonne après avoir chanté un cover à Jeunesse d’aujour­d’hui, et de l’autre, les auteurs-compositeurs qui écumaient le circuit des boîtes à chansons. On devrait pourtant avoir compris depuis longtemps que les deux tendances peuvent, et même doivent, cohabiter. C’est sain parce qu’au bout du compte, tout le monde y trouve sa place. Tout le monde…

Ce qui dérange, c’est quand une association refuse à des artistes québécois talentueux, mais qui travaillent dans une autre langue que le français, d’avoir droit aux mêmes égards que la majorité. Comme si la menace de l’assimilation anglaise était l’affaire de Bobby Bazini. Voyons donc…

C’est aussi fort mal avisé d’éradiquer le passé en ne présentant pas de prix Hommage, comme ce fut encore le cas cette année. Est-ce pour nous faire oublier que Michel Louvain – 54 ans de carrière et de succès – ne l’a jamais reçu? Si c’est pour séduire un auditoire rajeuni au soir du gala, c’est totalement raté. Je serais curieux de savoir quelle fraction de l’auditoire du gala est âgée de moins de 25 ans. Ça doit allègrement voisiner le 1 %. Alors…

Très rapidement, l’ADISQ devra réévaluer son rôle et ses objectifs. Parce que dimanche, malgré l’indéniable qualité des artistes qu’on a vus, l’ambiance était d’une lourdeur, mes amis… Y a comme un défaut, n’est-ce pas ?

Le moment le plus surréaliste du gala de dimanche : Air Canada qui remet une paire de billets à CÅ“ur de pirate, qui a remporté quelques jours plus tôt le Félix de l’Artiste québécois s’étant le plus illustré à l’étranger. Shit, elle a passé son année dans les valises! Un peu comme si on offrait une poche de sable en cadeau à un garçon de plage…

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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