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06:00 4 mai 2015 | mise à jour le: 5 mai 2015 à 10:47 Temps de lecture: 4 minutes

Des drones pour inspecter les édifices de Montréal

Des drones pour inspecter les édifices de Montréal
Photo: collaboration spéciale

Les drones d’inspection des bâtiments ont commencé à faire leur apparition à Montréal.

L’arrivée des drones sur le marché révolutionne plusieurs secteurs de l’industrie, et le secteur du bâtiment ne fait pas exception. «En utilisant un drone qui prend une photo toutes les deux secondes, on est capable de couvrir un édifice de 600 fenêtres en moins de deux jours», explique Antoine Palangié, directeur des opérations d’Elipto, l’une des seules entreprises de drones au Québec à être accréditée par Transport Canada.

Depuis la chute d’un bloc de béton qui a tué une femme à Montréal en juillet 2009, tous les édifices de plus de 5 étages et de plus de 45 ans doivent être inspectés tous les 5 ans. L’âge des édifices concernés sera graduellement abaissé. C’est-à-dire qu’en 2015 ce seront les édifices de 45 et plus qui seront concernés, de plus de 25 ans en 2016, de plus de 15 ans en 2017 et de plus de 10 ans en 2018.

La première phase d’inspection, quand elle est faite de façon traditionnelle, implique qu’un inspecteur se rende sur place. Ce dernier observe à distance les défauts potentiels, les prend au téléobjectif avant d’envoyer les photos à un architecte qui rédigera un rapport.

«Le problème, avec cette méthode, c’est que beaucoup de détails ne sont pas visibles depuis le sol et que l’architecte dépend du jugement de l’inspecteur. Avec un drone, on couvre en photos l’édifice au complet. L’architecte a donc tout en main pour son travail d’évaluation et pour cibler les endroits où il faudra intervenir physiquement. Cette dernière opération est dangereuse et nécessite des nacelles, des échafaudages ou des travailleurs sur corde dont les encrages peuvent endommager le bâtiment», considère M. Palangié.

Pour son travail au Centre Dollard-Cormier, rue Saint-Urbain, le drone a pris près de 5000 photos. À L’hôpital Fleury, quelques semaines plus tôt, 2500 clichés ont été nécessaires. En zoomant, on peut voir de petits trous dans les joints de béton entre certaines briques.

«On a développé un navigateur qui réorganise les photos de façon à simplifier le travail de l’architecte en les localisant sur la surface du bâtiment. En une semaine, on est capable de traiter un édifice comptant 6000 m2 de façade pour au moins deux fois moins cher», indique M. Palangié, qui a aussi comme mission d’obtenir toutes les autorisations légales.

Car utiliser un drone en ville à moins de 30 m d’autres bâtiments nécessite pour cha­que vol le fameux Certificat d’opérations aériennes spécialisées (COAS) de Tansports Canada. «Pour notre dernier contrat, notre demande de COAS fait une cinquantaine de pages. Il faut par exemple fournir les CV du pilote, mais aussi des observateurs chargés de suivre les mouvements du drone et de s’assurer de la sécurité des passants», précise Benjamin Jébrak, superviseur au sol d’Elipto. Lors des opérations, ce dernier est en contact permanent avec la radio de l’aéroport pour éviter les collisions possibles.

«Si [le drone] pouvait devenir aussi efficace que les petits sous-marins avec des bras articulés, le drone serait d’une grande efficacité.» – Michel Perron, architecte et gestionnaire de projet à la division immobilière de l’UQAM

«Dans un édifice moindrement complexe, le drone est intéressant, car il offre un portrait général du bâtiment de façon beaucoup plus simple et rapide. Mais il ne peut remplacer l’humain lors de la deuxième phase, celle de l’inspection détaillée», estime Richard Trempe, architecte et spécialiste en enveloppe du bâtiment chez Patenaude, Trempe, Van Dalen.

«Par exemple, les attaches derrière les pierres ne pourraient être inspectées avec le drone. Par contre, avec le marteau, dans une nacelle, lorsqu’on frappe la pierre, la maçonnerie ou le panneau de béton, nous pouvons évoluer par le son ou la vibration la qualité des attaches. Par une simple poussée, nous pouvons également voir si la pierre est retenue ou si elle tient simplement par gravité. Ce que le drone ne peut pas faire actuellement», ajoute Michel Perron, architecte et gestionnaire de projet à la division immobilière de l’UQAM.

«J’imagine qu’avec les années, nous arriverons à trouver des solutions à ces problèmes», conclut M. Perron.

Drones2 CR Collaboration spéciale
En cliquant dans la grille du navigateur d’images, l’architecte ouvre les vues en HD de la zone correspondante et les agrandit pour rechercher les défauts de la façade. / Élipto – avec l’autorisation de BARIN architecture et design

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