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10:54 13 juillet 2020 | mise à jour le: 13 juillet 2020 à 17:03 temps de lecture: 3 minutes

Un homme de Boucherville accusé d’encouragement au génocide

Un homme de Boucherville accusé d’encouragement au génocide
Photo: iStock

Un homme de Boucherville fait face à une accusation d’encouragement au génocide à la suite de menaces tenues sur le web dans les derniers mois contre le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et la communauté musulmane.

Il s’agit du premier Québécois à faire l’objet d’une telle accusation de la part de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), a indiqué cette dernière lundi par voie de communiqué. André Audet, âgé de 62 ans, a comparu lundi matin au palais de justice de Longueuil à cet effet.

Au cours des derniers mois, l’homme aurait utilisé divers pseudonymes pour propager des messages violents sur les réseaux sociaux contre la communauté musulmane et M. Trudeau. Certains de ces crimes auraient eu lieu entre le 1er janvier et le 22 octobre 2019, soit pendant la dernière campagne électorale fédérale. L’homme, qui réside à Boucherville, avait déjà comparu en décembre 2019 dans cette affaire.

«À la suite de son arrestation, il y a eu une perquisition. On a saisi des appareils électroniques qu’il aurait pu utiliser pour diffuser ses messages», explique à Métro le caporal Charles Poirier, de la GRC.

Après avoir procédé à une analyse complète de la preuve, la GRC est donc en mesure aujourd’hui de présenter deux nouvelles accusations contre M. Audet. En plus d’encouragement au génocide, celui-ci fait face à trois autres chefs, dont celui d’incitation publique à la haine et d’avoir fomenté volontairement la haine. Il fait aussi face à une accusation d’intimidation d’une personne associée au système judiciaire et d’un journaliste. «C’est l’article utilisé pour rendre compte des menaces utilisées auprès de Justin Trudeau», précise M. Poirier. Il ne s’agit donc pas de propos tenus contre un journaliste ou un employé du système judiciaire, assure-t-il.

Enquête fastidieuse

Ces accusations résultent d’une enquête menée par l’Équipe intégrée sur la sécurité nationale de la GRC «après avoir reçu des informations concernant des publications préoccupantes sur le web».

«Nous, à la GRC comme dans tous les corps de police à travers le monde, il a fallu s’adapter à la réalité des enquêtes web et des enquêtes sur les réseaux sociaux», indique M. Poirier. Les enquêteurs ont ainsi recensé une centaine de «publications haineuses, menaçantes et/ou incitant à la violence» sur les différents comptes gérés par M. Audet. Ce dernier appelait notamment à la mort de Justin Trudeau et «encourageait l’éradication des musulmans», indique la déclaration de la GRC.

«Évidemment, le nombre [de publications] et la nature de ce qui a été dit jouent dans la décision de porter des accusations.» -Charles Poirier, caporal à la GRC

Cette annonce a reçu un accueil favorable lundi de la part du Conseil national des musulmans canadiens. «Ces accusations, déposées pour la première fois dans l’histoire du Québec, envoient un important message», a indiqué l’organisme par communiqué, rappelant que l’auteur de l’attentat contre la grande mosquée de Québec avait consulté du contenu haineux en ligne avant de faucher la vie de six personnes le 29 janvier 2017.

Peu de crimes haineux rapportés

Les crimes haineux rapportés sont rares au pays. En 2018, les corps de police canadiens en ont rapporté 1798, ce qui représente moins de 0,1% des plus de 2 millions de crimes déclarés alors par ceux-ci, selon des données de Statistique Canada.

Le cabinet du premier ministre Justin Trudeau n’a pas commenté, lundi.

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