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Une campagne sur l'affichage

Parce que 25 % des plaintes reçues concernent l’affichage dans les commerces, l’Office québécois de la langue française (OQLF) a lancé dimanche une campagne d’information et de sensibilisation à ce sujet. Une publicité diffusée sur le web et à la télévision ainsi qu’un site internet encourageront les commerçants à se conformer à la loi.

«Nous avons remarqué une recrudescence de pratiques inquiétantes en matière d’affichage», a affirmé Louise Marchand, présidente-directrice générale de l’Office. 

Dans la publicité, on aperçoit un commerce fictif nommé Daily living, qui respecte la loi en ajoutant à son nom un descriptif pour s’appeler Ameublement Daily living.

«Nous ne voulons pas cibler des entreprises précises, car certaines sont en voie de se conformer à la loi», a expliqué Mme Marchand. Cette dernière a plutôt cité des entreprises à prendre en exemple, telles que Lunetterie New Look ou Bureau en gros (Staples, ailleurs au Canada).

La présidente de l’Office effectuera dans les prochaines semaines une tournée d’information auprès des gens d’affaires. Le nouveau site internet rappelle aussi les mécanismes d’aide aux entreprises, notamment un service de conseils et d’accompagnement à la francisation.

Le programme d’aide financière pour les petites entreprises a été bonifié. Ainsi, 75 % des dépenses entraînées par la correction d’un affichage seront couvertes par l’OQLF jusqu’à concurrence de 50 000 $ par entreprise.

Aucun changement n’est apporté aux sanctions déjà prévues par la loi 101, qui comprend des amendes pouvant aller jusqu’à 20 000 $. «Ce n’est pas le paiement des amendes qui fait avancer la francisation, mais les corrections, croit Mme Marchand. Notre philosophie est la fermeté dans nos objectifs, mais la souplesse dans notre approche.»

Mario Beaulieu, président du Mouvement Québec français, trouve ces mesures «décevantes». «C’est absurde de débourser pour récompenser les entreprises qui  respectent la loi», a-t-il soutenu. Le mouvement a organisé une manifestation le 5 novembre dernier pour dénoncer l’augmentation des bannières commerciales unilingues anglophones.

« Cette campagne ressemble à un prétexte pour ne pas agir, a ajouté M. Beaulieu. Je ne pense pas que ça donnera des résultats. On fait juste appliquer la même recette qui ne marche pas depuis 20 ans ».

Georges Boulanger, auteur du blogue AngryFrenchGuy, déplore le fait que cette campagne ne soit qu’en français. «Je crois que c’est important de rejoindre les gens dans leur langue d’usage car même si plusieurs personnes sont bilingues, ça ne veut pas dire qu’ils regardent les chaînes francophone», a indiqué ce Québécois qui exprime d’ailleurs ses opinions souverainistes en écrivant dans la langue de Shakespeare sur son blogue. 

«Nous sommes convaincus que les personnes qui ne respectent pas la loi verront ces publicités, s’est défendue Mme Marchand. Notre démarche est basée sur la collaboration et non sur la confrontation.»

Cette campagne devrait coûter un peu plus de 500 000 $ et se tiendra du 14 novembre au 12 décembre ainsi que du 16 janvier au 13 février.

Pour plus d’information visiter le site l’Office québécois de la langue française.

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