Notre déficience en débats
S’il y a une chose que le malaise Gregory Charles/Jean-Michel Dufaux peut mettre en lumière, c’est notre inconfort face aux débats. C’est bien connu, au Québec, la chicane, on n’aime pas ça, sauf quand son chanteur possède une onomatopée comme prénom. La conséquence de ça, c’est qu’on est pourris à discuter cordialement dès que le terrain devient le moindrement raboteux. À une critique constructive on oppose une attaque personnelle et à une gifle maladroitement envoyée on répond par une drôle de soumission visant à regagner l’amour de l’adversaire, comme si tout ça était, justement, une question d’amour.
Évidemment, quand il s’agit de savoir si le segment «danse» du Choc des générations est pertinent ou non, ce n’est pas très grave. Mais quand notre déficience discursive s’invite dans un débat profondément divisant et mettant en jeu la cohésion sociale, comme la Charte des valeurs québécoises, c’est plus délicat. Je sais qu’on ne peut pas tirer sur une fleur pour qu’elle pousse, mais essayons donc d’être tous plus mature.