Yes we can?
On peut tirer plusieurs conclusions du résultat des élections de mi-mandat aux États-Unis. La première est sûrement que le comportement de l’électorat américain n’est pas très différent de celui des gens qui se trouvent au nord de sa frontière. Après s’être massivement rangé derrière un homme charismatique incarnant le changement, voilà que seulement deux ans plus tard, il le punit.
Il est vrai que toutes les réformes du gouvernement Obama n’ont pas encore porté leurs fruits. Pourtant, on ne peut lui reprocher d’avoir été inactif durant cette première moitié de mandat fort éprouvante.
On pourrait comprendre qu’une crise financière, une crise économique, une catastrophe écologique, pour ne nommer que ces désastres, puissent retarder un agenda politique. Pourtant, les Américains s’attendaient à plus, plus rapidement. Ils voyaient en Obama et son «Yes we can», la solution miracle à tous les maux qui accablent le pays. Peu enclins à comprendre le portrait global, tous espéraient la solution magique sans avoir à faire trop de compromis.
Obama n’est pas parfait. Il a perdu le contrôle du message dans le processus d’adoption de sa réforme sur la santé. En voulant demeurer au-dessus de la mêlée, il s’est aussi largement laissé définir par ses adversaires comme un homme en rupture avec les valeurs de son pays. Bousculé par la conjoncture, il a de son propre aveu oublié de faire autrement. Cela dit, tous ces éléments n’auraient que bien peu de poids si le taux de chômage n’avait pas été aussi élevé. Dans les faits, bien que les autres indicateurs économiques ne soient pas très bons, ils sont loin d’être aussi catastrophiques que certains le prétendre.
On peut quand même dire que le président américain a conservé un style bien à part. Meilleur pédagogue que politicien, il devra maintenant rectifier le tir et passer à l’attaque. Il y a de ces leaders avec qui la population aimerait partager une bière et à qui on pardonne bien des idioties. Et il y a ceux en qui on fonde tous ses espoirs et qui n’ont pas le droit à l’erreur – les leaders sauveurs.
Comme électeur, il faut pourtant être conscient que même si ces chefs possèdent bien des qualités, ils ne peuvent tout faire seul. Le slogan d’Obama était «Yes we can» et non «Yes I can». La population doit être prête à faire des sacrifices et à se mobiliser si elle veut que la société puisse se réinventer.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.