Front commun contre l'amiante
Des groupes provenant des milieux environnemental, syndical et médical font front commun pour sensibiliser la population aux dangers de l’amiante et décourager le gouvernement de Jean Charest d’investir dans cette industrie «sans avenir», selon eux. «S’il y a une entreprise de la mort qui n’est pas rentable, c’est bien celle de l’amiante», a déclaré le directeur général de Nature Québec, Christian Simard.
La Société pour vaincre la pollution, la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine et Nature Québec ont dévoilé mardi la déclaration «L’amiante qui tue» qui sera mise en ligne sous peu. Ils y dénoncent les 100 000 décès qui sont recensés à chaque année dans le monde à cause de l’amiante et ils insistent sur le fait qu’il n’existe pas de forme d’amiante sans danger.
«Ici au Québec comme partout au monde où l’amiante a été utilisée, on a assisté à des tragédies, a dit la fondatrice du Canadian Human Rights Reporter, Kathleen Ruff. Il n’y a pas une organisation scientifique et médicale qui appuie l’industrie de l’amiante.»
Malgré tout, le gouvernement du Québec a octroyé le mois passé une garantie de prêt de 58 M$ pour relancer la mine d’amiante Jeffrey dans les Cantons-de-l’Est. Le regroupement propose plutôt de réinvestir l’argent pour développer de nouvelles industries rentables. Il a difficilement pu expliquer la décision du gouvernement en faveur de l’amiante. Christian Simard s’est risqué à une réponse soulevant l’importance du lobby pro-amiante et le clientélisme dont font preuve les partis politiques.
Des édifices potentiellement dangereux
Au Québec, pas moins de 1 550 édifices publics et parapublics contiennent des fibres d’amiante qui sont respirées à tous les jours par ceux qui les fréquentent. Pas moins de 500 écoles seraient dans la même situation, selon une étude de l’Institut national de la santé publique. Daniel Green, de la Société pour vaincre la pollution, a demandé au gouvernement de lui indiquer les bâtiments qui ont été construits avec de l’amiante afin de cartographier les endroits à risque. Il attend une réponse. «L’État possède l’information, mais il ne veut pas la partager», a-t-il dit.