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Huffington Post: une plateforme en échange de visibilité

Si on en croit Arianna Huffington, fondatrice du site The Huffington Post, la visibilité est une monnaie d’échange suffisante lorsqu’il est question de rémunération des blogueurs. Le débat a été évoqué dans la foulée du lancement du site Le Huffington Post Québec, mercredi.

De passage à Montréal, la femme d’affaires a partagé  sa vision de l’information au 21e siècle. Le Huffington Post, qui accueille 35 millions de visiteurs uniques par mois, est un site d’information qui fait la part belle aux blogueurs, lesquels fournissent du contenu bénévolement.

Sa fondatrice, Mme Huffington, a réalisé un coup d’éclat en 2011 en vendant le site à AOL pour 315 M$. Ce faisant, elle s’est attiré la colère de certains blogueurs américains, qui ont depuis porté plainte afin d’être rémunérés pour leur contribution.

Au Québec, 120 blogueurs participent bénévolement au Huffington Post, un nombre considérable selon le rédacteur en chef, Patrick White. Cela s’ajoute à quatre journalistes rémunérés à temps plein, trois contractuels et certains pigistes. Selon Mme Huffington, bloguer n’a rien à voir avec le journalisme professionnel. «C’est un format plus long de Twitter, a-t-elle déclaré. […] C’est un échange, une plateforme contre du contenu».

Déjà, l’arrivée de ce nouveau joueur a un impact sur le paysage médiatique. Le site Voir.ca a récemment intégré 30 blogueurs sur sa plateforme, ce que M. White voit d’un bon œil. «La concurrence est une bonne chose», a-t-il affirmé.

Face à la polémique, une dizaine de blogueurs se sont désistés, dont Amir Khadir et Françoise David de Québec solidaire. Le Huffington Post Québec compte notamment parmi ses collaborateurs le président d’Haïti, Michel Martelly.