Résister par -35 °C
Malgré le froid, les membres du projet Karibu, qui veulent rejoindre Kuujjuaq en ski de fond, ont parcouru en moyenne 25 km par jour… et passé plusieurs nuits sous la tente!
Même si Kuujjuaq est encore à plus de 100 jours de ski, les quatre guides de plein air, partis il y a une semaine de Montréal, expérimentent des températures dignes de la capitale du Nord québécois.
«Le froid est intense, mais c’est une bonne préparation pour ce qui s’en vient. L’équipe est bien organisée, a du bon matériel et reçoit beaucoup d’appuis sur le terrain», indique au bout du fil David Marcotte, qui a suivi les quatre jeunes aventuriers dans le cadre d’un documentaire en préparation.
Après avoir marché sur une partie du tracé et dormi quelques nuits au chaud, Marie-Andrée Fortin, Jacob Racine, Bruno-Pierre Couture et Sébastien Dugas fondent sur Mont-Laurier qu’ils devraient rejoindre lundi. Ils entameront alors deux semaines de bois, où les seules traces de civilisation qu’ils croiseront prendront la forme de camions charriant des cadavres d’épinettes.
Même si le froid ne sera pas aussi mordant, ils camperont vraisemblablement à -30 °C plusieurs nuits. «De janvier à mars, on prévoit des températures sous les normales de saison pour la majorité du Québec», précise André Cantin, météorologue à Environnement Canada.
Cette traversée n’a été réalisée qu’à une seule reprise. Il y a 33 ans, l’Équipe 80 testait pour la première fois le GoreTex, une technologie secrète, jusqu’ici réservée à l’armée américaine, qui ne leur avait pas évité les engelures.
En 2014, les membres du projet Karibu peuvent dire merci à la science du textile. «En plus de leurs sacs de couchage capables de tenir les -40 °C, ils utilisent un sac à viande imperméable qui empêche la transpiration du corps d’humidifier le duvet. Même principe pour les bottes», explique David Marcotte.
«Ils ont aussi remarqué l’adaptation de leurs corps aux températures glaciales. Le sang circule mieux et est envoyé en priorité vers les extrémités. Le corps arrête d’être en mode survie», illustre David Marcotte. Malgré tout, Jacob, Marie-Andrée, Sébastien et Bruno-Pierre ont préféré manger sans s’arrêter, mercredi midi, à cause du froid.
Ce projet sportif vise notamment à mieux faire connaître le métier de guide en tourisme d’aventure, et de mettre en valeur la persévérance en étant en contact avec des écoles tout le long du périple de 2 000 km.