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La grève étudiante à l’heure des bilans

Photo: Carlos Hernandez/monscoop@journalmetro.com

Après huit semaines de grève et une proposition du gouvernement rejetée, le mouvement étudiant cherche un deuxième souffle et tente de rester uni. Réunis à la Place Émilie-Gamelin, lundi, des centaines d’étudiants étaient venus écouter divers professeurs et porte-paroles de mouvements sociaux. Le rassemblement sous le thème «Vers un printemps québécois» était organisé par la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).

Cette dernière a d’ailleurs précisé qu’elle se dit faveur de la gratuité scolaire, mais que le but de la lutte actuelle reste de bloquer la hausse des droits de scolarité et non d’instaurer cette gratuité. Nuance? Adoucissement? La CLASSE parle plutôt d’un argument véhiculé à tort par la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp.

La CLASSE a également beaucoup insisté sur le fait le mouvement étudiant ne s’essouffle pas et que le mouvement demeure uni. La CLASSE refuse toutefois de parler de «front commun» entre les associations étudiantes. «L’essentiel est que le mouvement étudiant s’entende sur le fait qu’il n’y ait aucune hausse de droits de scolarité qui est acceptable et que nous allons négocier ensemble», a souligné le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois.

Les associations étudiantes se sont donc entendues pour refuser toutes négociations sans la présence des autres organisations. Une situation sans précédent, selon M. Nadeau-Dubois.

«On veut que tout le monde ait droit au chapitre, a pour sa part ajouté la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, en entrevue avec Métro.

Encore faut-il qu’il y ait une table des négociations. Pour l’instant, le seul consensus demeure donc le rejet des dernières offres de la ministre de l’Éducation. Le 5 avril, Mme Beauchamp a annoncé la bonification du programme des prêts et bourses, ce que les étudiants qualifient d’insuffisant.

Plus le temps passe, plus la tension augmente du côté des étudiants, comme du gouvernement. Les associations reconnaissent que la fatigue se fait sentir, mais que la détermination est encore plus vive. «Chaque semaine, on entend dire qu’on est dans une période cruciale et pourtant chaque semaine on tient. On vient de franchir le cap de la plus longue grève étudiante ce qui rend les association de plus en plus déterminées», précise Mme Desjardins.

Entre 170 000 et 180 000 sont encore en grève. Le point culminant a été le 22 mars dernier où 300 000 étudiants avaient débrayés.

À surveiller cette semaine

  • 10 avril : vote du cégep Montmorency où 6000 étudiants se prononceront sur la reconduction de la grève
  • 10 avril : journée de blocage organisée par la FEUQ
  • 12 avril : journée d’action nationale avec diverses activités et manifestation partout au Québec, organisée par la FEUQ
  • 14 avril : journée de manifestation organisée par la CLASSE, jour du 9e anniversaire de l’élection de Jean Charest

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