Quand on se compare…
J’arrive tout juste de Boston. Oh la chouette ville! Du genre où on se sent instantanément chez soi. D’ailleurs, ça ne m’étonnerait pas du tout que Boston et Montréal soient de vieilles cousines de la fesse gauche.
Ces deux villes ont beaucoup en commun. Pas qu’elles soient nécessairement pareilles, mais Boston montre à la fois ce à quoi aurait pu ressembler Montréal et ce qu’elle pourrait éventuellement devenir. Sur le plan patrimonial par exemple. Là-bas, il y a de quoi être saisi par la conservation impeccable des vieux édifices. Des bâtiments parfois bicentenaires qui sont rien moins que splendides. Fatalement, ça nous pousse à nous questionner sur ce que l’on a fait – ou plutôt défait – de notre patrimoine architectural. Il faudra non seulement ne plus jamais jeter une seule brique par terre pour rien, mais surtout avoir des plans de préservation rigoureux pour les bâtisses qui sont encore debout.
Faut aussi voir comment Boston a éliminé une bonne partie de l’autoroute-spaghetti qui la ceinturait jadis tout en réorganisant intelligemment la circulation dans son centre-ville. On rêve que la même chose nous arrive avec ce qui prendra éventuellement la place de l’infâme échangeur Turcot.
Dans le même ordre d’idées, on a récemment beaucoup parlé des mesures qui seront prises pour alléger la circulation sur notre Plateau Mont-Royal. Sachez qu’à Boston, des mesures similaires ont déjà été implantées dans des quartiers semi-résidentiels du même type. Et que cela fonctionne à merveille. Quand, par exemple, une rue change de sens trois fois sur une distance d’à peu près 500 m – je jure sur la tête des mes deux chats que j’ai vu ça là-bas – et que les places de stationnement sont rares comme vous savez quoi, ça repousse à tout jamais le plus placide des automobilistes! Et ça fait rire les oiseaux…
Oui, j’ai adoré Boston. Pour ce qu’elle est et pour ce qu’elle inspire. Dites, c’est parfois permis de copier, n’est-ce pas? Quand c’est pour une bonne cause…
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À Pampelune, on lâche les taureaux dans les rues et des fous se portent volontaires pour se faire foncer dessus. Ici, on devrait offrir à nos intrépides de courir les yeux bandés à travers le chantier de la rue Sainte-Catherine. Émotions fortes garanties. Et une couple de fractures aussi.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.