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Lettre aux bons cyclistes

Je prends la plume aujourd’hui pour vous dire que je m’inquiète pour vous. Vous savez, on a l’habitude de nous mettre en opposition. Moi dans ma bagnole versus vous sans défense sur vos bécanes. Pourtant, quand j’observe ce qui se passe sur les pistes cyclables, je me demande si votre principale menace ne viendrait pas davantage des vôtres?

Pour dire vrai, je vous plains. Pour les automobilistes, il y a une grosse pile de règles qui viennent contenir les délinquants. Des limites de vitesse, des interdictions de virer à gauche, des obligations de céder le passage, etc. Vous, dans les pistes cyclables, comment pouvez-vous empêcher un épais d’être épais? Nous, pour conduire une auto, on doit obtenir un permis. Pour les vélos, rien, pas besoin du moindre examen. Ce qui fait que vous êtes parfois obligés de partager un chemin maigre comme une allée de bowling avec des fous furieux qui se croient dans un contre-la-montre au Tour de France! Oui, je vous plains et surtout, je crains pour votre sécurité.

On pourra bien installer tous les supports à Bixi de la planète pour inciter le pédaleur moyen à utiliser le réseau cyclable de Montréal, vous devrez toujours partager le chemin avec des kamikazes à cuissard qui roulent comme si leur vie en dépendait. Car c’est bien de cela qu’il est question : de la vie. De la leur, bien entendu. La vôtre, ils s’en balancent pas mal…

J’en ai vu une belle, samedi en fin d’après-midi, au coin nord-ouest de Saint-Denis et de Rachel. Un missile sans tête avait décidé que, dans ce qui était devenu «son» couloir de performance, c’était sa cadence à lui qui était la bonne. Dans sa course, il était précédé par une fille qui promenait calmement son bébé bien sanglé sur le siège arrière. Pendant que monsieur fonçait en malade, Madame ne se doutait pas qu’elle avait littéralement une bombe au cul. «Heille! Si t’es pas capable d’avancer, reste donc chez vous câl…!» qu’il lui a crié en arrivant à côté d’elle. Surprise, la fille a failli tomber par terre avec son p’tit gars. Notre «athlète» a ensuite pu reprendre son chemin. La fille aussi. Mais, ébranlée, elle a choisi de marcher à côté de son vélo sur le trottoir. Vive l’écologie et surtout, vive le partage…

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