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Dans la course des grands

Le Grand Prix de F1 de Montréal va-t-il survivre? La réponse appartient uniquement à ce cher Bernie Ecclestone qui, une fois de plus, s’applique à réinventer le concept du capitalisme sauvage. En attendant, quelle surprise, quelques politiciens vont s’adonner à leur éternelle quête de capital en volant au secours du malade. Si l’opération de sauvetage fonctionne, soyez-en sûrs, ils vont s’en attribuer tout le crédit en laissant aux contribuables le privilège unique de régler l’addition. Du déjà vu…

Au cours des derniers jours, certains pylônes du paysage médiatique ont utilisé l’expression «le bon peuple» en faisant allusion aux contribuables réticents à appuyer un nouvel effort de l’État pour garder l’événement à Montréal. En soulignant, avec une pointe de mépris aussi fine qu’un Hummer, que ce bon peuple ne comprendra décidément jamais rien aux extraordinaires retombées économiques générées par ce type d’activité.

Moi, je crois que le bon peuple, aussi «demeuré» soit-il, comprend très bien que chaque dollar investi dans le Grand Prix rapporte deux ou trois fois la mise. Là où il décroche, c’est quand il a la fâcheuse impression que la manne semble toujours lui passer à côté. Le bon peuple, quand même pas tout à fait bouché, voit effectivement chaque année des retombées qui retombent sur la rue Crescent, dans les restos «in» sur Saint-Laurent et dans les hôtels du centre-ville, mais jamais dans son compte de taxes.

Le bon peuple comprend aussi que le champagne à 30 $ la shot, les loges corporatives du Circuit Gilles-Villeneuve et autres soirées VIP à la Gare Windsor, ça ne sera jamais pour lui. Le bon peuple, parfois, il en a plein le dos qu’on lui fasse la leçon. En revanche, le désarroi des jet-setters et autres têtes couronnées l’émeut très peu. Si le bon peuple n’a pas le sens des affaires, il a au moins le sens de la mesure. 

Tout n’est peut-être pas de la faute du bon peuple. Imaginons que Montréal n’ait tout simplement plus les moyens de se qualifier dans la course des grands… La réalité, parfois, fait mal.

Faudrait demander au bon peuple. La réalité, il connaît ça, lui. Il a les pieds vissés dedans tous les jours.

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