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12:00 3 décembre 2009 | mise à jour le: 3 décembre 2009 à 12:00

Quand l'école est un facteur de stress

Alors que le stress au travail occupe de plus en plus les colonnes des journaux, on ne parle que très peu du stress vécu à l’école. Que l’on soit au primaire, au secondaire, au collégial ou même à l’université, le stress n’exerce-t-il pas une influence importante sur la vie des élèves?

Introduit en 1936 par le physiologiste canadien Hans Selye, diplômé de l’Uni­versité de Montréal, «le stress est un terme très générique et fourre-tout dans lequel on peut mettre tout et n’importe quoi, dès que l’on vit des tensions», affirme Gilles Lussier, psychologue à l’École Polytechnique. Selon le Centre d’études sur le stress humain de l’hôpital Louis H. Lafontaine, «le stress est le résultat de toute situation impliquant une perte de contrôle, de l’imprévisibilité, de la nouveauté ou une menace à notre égo.»

Soit un résumé de ce que peuvent vivre les élèves qui débarquent fraîchement au primaire, mais aussi les étudiants qui passent un examen, ou ceux qui entrent à l’université… Pour Gilles Harvey, professeur au département de ki­nan­­tropologie de l’UQAM, l’école crée des situations de changements dont les répercussions dépendent de la capacité d’adaptation de chacun.

Tout est dans la perception

Alors, si le stress peut se retrouver partout, quel est son déclencheur? «Tout dépend de la manière dont on perçoit les changements qui nous entourent, estime Denyse Normand, formatrice en gestion du stress. Si l’on possède les outils pour y faire face, le stress est perçu comme un défi et une motivation nécessaires, et peut être bénéfique pour la concentration de l’étudiant.»

Si la confiance en soi est un élément essentiel pour lutter habilement contre le stress, la perception que l’on a d’un événement est aussi déterminante. «Une étude prenant en compte le stress d’un parachutiste débutant, face à l’absence de stress d’un parachutiste expérimenté ayant sauté des centaines de fois, a montré que ce n’est pas la situation elle-même qui est stressante, mais bien la perception que l’on s’en fait», affirme Lyane Trépanier, coordonnatrice de projet au Centre d’études sur le stress humain de l’hôpital Louis H. Lafontaine.

Lutter contre le stress
Le stress ne touche pas de la même manière un élève qui a suffisamment étudié tout au long de l’année et un autre qui manque d’argent et qui travaille à côté de ses études, rappelle pour sa part Denyse Normand. «Tout dépend du bagage personnel d’un étudiant, des similarités qu’il perçoit par rapport à un événement, et de sa propension ou non à avoir un discours intérieur qui va vers le dénigrement de lui-même…», affirme-t-elle.

Reste que sur le terrain, les professionnels rappellent qu’il est possible de lutter contre le stress, «en proposant des pratiques cognitives, des mises en situation, des sketches», comme le souligne Lyane Trépanier. «La meilleure façon est de mener des actions de sensibilisation à l’intérieur du milieu scolaire, et de favoriser des périodes de remise au calme», estime aussi le professeur Gilles Harvey. À l’Université Laval par exemple, la formatrice Deny­se Normand propose des con­férences aux étudiants, afin de leur apprendre à repérer et à mieux gérer leur stress.

DéStresse et Progresse

Le Centre d’études sur le stress humain (de l’hôpital Louis H. Lafontaine et de l’Université de Montréal) a mené, d’octobre 2008 à mai 2009, une étude intitulée DéStresse et Progresse afin de mesurer le niveau de stress et les facteurs de stress présents chez près de 500 élèves de première secondaire de deux écoles de Montréal. Des questions psychologi­ques ont été osées, et des tests de salive et de mémoire ont été effectués afin de mesurer le taux des hormones suspectées d’être responsables du stress. Les élèves ont affirmé que leurs trois plus grands stresseurs étaient les examens, les présentations orales et les performances en sport.    

 www.hlhl.qc.ca

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