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ÎleSoniq: Pomo revient aux sources

Processed with VSCOcam with f1 preset Photo: Olivier Drouin/Collaboration spéciale

Quelques mois après avoir remporté son premier Juno, le beatmaker montréalais Pomo rentre au bercail pour le festival ÎleSoniq,prêt à déployer tout un arsenal de rythmes ensoleillés et furieusement funky devant quelques milliers de fêtards.

Quelques années à peine après s’être intéressé à la house et à l’électro, voilà que le producteur et multi-instrumentiste David Pimentel (alias Pomo, comme l’abréviation du nom de sa ville natale, Port Moody, en Colombie-Britannique) s’envole en tournée européenne avec le duo électro britannique Disclosure, récolte un Juno pour son album The Other Day et collabore au nouveau disque du rappeur américain Mac Miller (écouter le pétillant extrait Dang!, paru il y a quelques jours).

Tout cela a été rendu possible grâce à un appui de taille du beatmaker montréalais Kaytranada, qui a inclus un simple démo de Pomo – So Fine, son deuxième morceau dance à vie – sur une playlist, le propulsant rapidement sur le devant de la scène.

La récente collaboration de Pimentel avec Mac Miller et l’artiste r’n’b Anderson .Paak a vu le producteur délaisser son catalogue de compositions instrumentales en faveur d’un virage plus pop, aux couleurs résolument soul et funk. En attendant un premier album sous le signe de la collaboration, qui devrait voir le jour au cours de la prochaine année selon le principal intéressé, Métro a discuté avec Pomo des prix Juno, de l’influence de Radiohead et de cette fameuse scène montréalaise en plein essor.

Félicitations pour votre victoire aux Juno, en avril. Diriez-vous qu’il s’agit de la plus haute consécration musicale canadienne?
[Rires] Je ne saurais trop vous dire. Mais une chose est certaine: maintenant que j’ai un Juno, je constate à quel point ça me légitime aux yeux de ceux qui ne me connaissaient pas du tout. Sinon, aucun doute que ça te permet de parler à une nouvelle catégorie de gens, d’avoir accès à de nouvelles sources de financement et de faire davantage partie de la communauté des musiciens canadiens.

«J’ai pris une photo avec Chad Kroeger. Ce fut le moment phare de ma soirée.» – Pomo, qui résume son expérience aux prix Juno plus tôt cette année

Vous avez reçu une formation de pianiste et de guitariste avant d’obtenir votre diplôme de l’école de musique Nimbus, à Vancouver, et vous vous intéressez depuis toujours au funk, au jazz et au hip-hop. Comment en êtes-vous venu à prendre un virage plus électronique?
Tout a commencé non seulement avec Kid A de Radiohead mais aussi Justice et son album Cross (2007), surtout du point de vue de la production. Quand je jouais dans des groupes, je m’intéressais toujours plus à l’enregistrement et au mixage qu’aux répétitions et aux performances. C’est ce sur quoi j’ai immédiatement accroché en découvrant la musique électronique, c’est-à-dire la production et les sonorités de chaque instrument. Quand j’ai entendu Cross, je me suis imaginé que les gars avaient utilisé les synthés les plus fous. Lorsqu’ils ont dit en entrevue que tout avait été fait avec [le logiciel] GarageBand, je n’en ai pas cru mes oreilles. Je me suis alors mis à explorer tout cet univers.

Vous appréciez énormément le cinéma de Lynch, Gondry, Coppola et Tarantino. Serait-ce votre amour du cinéma qui vous a incité à accorder une certaine importance à vos vidéoclips? Plusieurs personnes m’ont dit vous avoir découvert grâce à How I Feel, votre hommage pince-sans-rire aux prémisses invraisemblables des vieux films pornos.

Ah, super! Oui, je vais encore ramener ça à Radiohead, mais je n’oublierai jamais à quel point les vidéoclips de ce groupe détonnaient dans le paysage musical des années 1990, alors que tous les groupes offraient des variantes sur le thème «voici de beaux cadrages de nous en train de jouer notre chanson». Les concepts des gars de Radiohead étaient toujours avant-gardistes : ils voyaient ça comme des courts métrages plutôt que comme des vidéoclips. Travailler avec des réalisateurs talentueux pour créer une vision esthétique et cohérente a toujours été primordial pour moi.

Vous vous apprêtez à vous produire à ÎleSoniq, un festival montréalais qui n’en est qu’à sa troisième présentation mais qui témoigne d’une immense prolifération des fans de synthés à grand déploiement. Au moment de déménager à Montréal, imaginiez-vous que la scène se développerait ainsi?
Pas du tout! Je crois être arrivé à un moment culminant pour la scène montréalaise. C’était avant que Kaytranada soit connu dans le monde entier et je pense que les choses ont beaucoup changé depuis. Cela dit, la conséquence principale de tout ça, c’est que Montréal soit connu à l’international, car on m’en parle régulièrement, peu importe où je me trouve dans le monde.

Pomo

Pomo @ ÎleSoniq
Demain à 16 h sur la scène Neon

+ ÎleSoniq afterparty :
Demain à 22h au Newspeak

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