Soutenez

Le mystère Monáe

Photo: Andrew Zaeh Photography

Elle parle d’une voix posée, laisse planer tout plein de silences, ne rit pas beaucoup. Et elle donne aussi des super shows. Sortant du moule de la star faite sur mesure, Janelle Monáe a vu sa carrière décoller en trombe avec The ArchAndroid. Faut pas chercher loin pour comprendre pourquoi. Entretien.

Avec Janelle Monáe, tout est plus grand que nature. Ses concerts, durant lesquels elle peint des toiles surréalistes, son disque, The Archandroid, sur lequel elle se glisse dans la peau d’un androïde du futur, ses vidéoclips, dans lesquels elle danse de manière explosive. «J’ai toujours vu l’art comme une expérience émotionnelle, nous confie-t-elle doucement lorsque nous la joignons au téléphone. La musique est une arme puissante. Elle peut faire d’une personne quelqu’un de bien, tout comme elle peut la rendre mauvaise. Moi, si je réussis à influencer les gens de manière positive, eh bien, je considère que j’ai fait mon travail.»

Née au Kansas, comme Dorothée du Magicien d’Oz qu’elle affirme beaucoup aimer, Janelle a toujours eu une imagination débordante. Cette imagination, elle la voit comme un don, «un superpouvoir qu’il ne faut surtout pas prendre pour acquis». Un pouvoir qui l’a aidée à traverser une enfance vécue dans la pauvreté, après laquelle elle est partie étudier la comédie musicale à New York, pour ensuite déménager à Atlanta. C’est là qu’elle a rencontré Big Boi, d’Outkast, et que tout a décollé pour elle.

The Archandroid, son premier disque-studio, étonnant mélange de soul rétro, de funk et de hip-hop, a obtenu un succès monstre. Janelle, avec ses costars noirs et blancs et son attitude antistar est soudainement tombée dans le radar de l’industrie musicale. «Tout ce qui était prévu est arrivé», résume-t-elle. Tout ce qui était prévu? «Oui. Je ne crois pas être arrivée ici par chance ou par hasard, répond-elle. Je crois que ma vie a été planifiée d’avance et que tout n’est qu’une question de temps.»

[pullquote]

Très spirituelle, menée, comme elle dit, par une foi inébranlable, Janelle croit beaucoup, non seulement en Dieu, mais aussi au pouvoir qu’ont les créateurs de changer les choses. «Après tout, c’est à cela que ça sert, un artiste : à aider les gens à passer au travers des moments plus ardus.»

Et vous, Janelle, qu’est-ce qui vous a donné espoir lorsque vous n’étiez pas encore devenue celle que vous êtes aujourd’hui? lui demande-t-on. «La perspective de savoir que j’avais un don que je pouvais explorer, répond-elle. De savoir qu’un jour, je pourrais rencontrer d’autres gens, menés par la même soif créatrice que moi.

Très reconnaissante, la chanteuse souligne son bonheur d’avoir rendu ses parents fiers. «Je suis heureuse qu’ils sachent que tout le temps et tout l’argent qu’ils ont investis en moi ont été utilisés à bon escient.» Sans compter que, depuis qu’elle a lancé son disque, elle a eu la chance de rencontrer des gens inspirants. «Le président Obama, sa femme et Stevie Wonder, énumère-t-elle. Et puis, je fais le tour de monde! Ça, c’est un accomplissement!»

Elle se réjouit aussi de sa récente collaboration avec le groupe fun. Après tout, leur tube, We Are Young, tourne en boucle un peu partout depuis sa sortie. «C’est une chanson qui rend les gens heureux. C’est tout ce qui compte».

Ne reniant pas le passé, la chanteuse reprend souvent en concert des pièces de Michael Jackson, des Jackson 5, de Prince… «L’esprit de ces créateurs m’habite à chaque fois que je me produis sur scène», explique-t-elle. Pour finir, on demande à cette grande lectrice de science-fiction à quoi on peut s’attendre lors de son passage au Jazz. «Je ne sais pas, dit-elle mystérieusement. Mais une chose est sûre, c’est que je serai là et que nous aurons beaucoup de plaisir. Je peux d’emblée voir dans le futur que ce sera un spectacle et une expérience mémorables.»

Janelle Monáe
Au Métropolis
Le 27 juin à 20 h

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.