Réservée Mlle Jones
La romantique Norah revient au Jazz pour nous chanter ses «petits cœurs brisés». Entretien tout en douceur.
La discrète Norah Jones ne s’étend pas en longues confidences et ne se lance pas dans des monologues enflammés. À l’image de ses chansons, sensibles et subtiles, la musicienne est une femme de peu de mots.
Mais si elle parle peu, elle n’en semble pas moins heureuse. Au cours de notre entretien, elle répétera d’ailleurs à une dizaine de reprises à quel point l’expérience de son dernier disque, le fort bien accueilli Little Broken Hearts, fut «très amusante». «Je me sens bien, je suis contente que le nouveau disque soit sorti, j’ai un nouveau groupe et on s’éclate!» résume-t-elle dans un éclat de rire.
Il faut dire que la jeune femme semble être dans une époque particulièrement réjouissante. Pour Little Broken Hearts, elle a retenu, à l’instar des Black Keys, les services du producteur Brian Burton, alias Danger Mouse. Le résultat de leur fructueuse collaboration a révélé une nouvelle facette de la douce artiste.
Eh oui, celle qui nous proposait autrefois de partir avec elle – «Come Away with Me» – chante aujourd’hui ses peines d’amour avec davantage de poigne. Et si certains ont été surpris par son dernier album, texturé et plus sombre, Norah, elle, ne s’en émeut pas. Si elle se sent comme une femme nouvelle? Non, pourquoi? «Je sens plutôt que j’ai fait un disque avec quelqu’un que je respecte beaucoup. Je savais que ça sonnerait différemment de ce que j’avais fait par le passé. Je suis très excitée et voilà! C’est comme ça que je me sens!» lance-t-elle en riant.
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Pour la petite histoire, c’est lorsqu’elle a été invitée à chanter sur le disque Rome, concocté par le compositeur italien Daniele Luppi et par Brian Burton, que Norah a vu sa route croiser celle du respecté producteur. Depuis, la complicité et l’amitié entre les deux artistes n’ont cessé de grandir. «Travailler avec Brian, c’était vraiment chouette. C’est un bon changement pour moi», dit- elle.
Sur ses Little Broken Hearts, Norah a aussi pris plus de risques. Comme celui d’être entrée dans le studio de Burton, à L.A., sans avoir au préalable composé de chansons. Prête à travailler à partir de zéro, en duo. «L’idée de procéder ainsi m’a plongée dans un état d’excitation nerveuse, confie-t-elle. J’avais un peu peur de me retrouver avec le syndrome de la page blanche, mais finalement, c’était génial! À chaque fois qu’on était bloqués, Brian disait : c’est cool, c’est pas grave, pas de panique. On y reviendra plus tard. Cette façon de faire me plaisait bien. Après tout, c’est de la musique que l’on fait, et non de la chirurgie cervicale!»
Pourtant, même si elle est parfaitement en paix avec elle-même, l’artiste avoue que son métier lui cause encore un certain stress. «Mais bon, c’est comme n’importe quelle autre job, non?» rigole-t-elle. Le succès fou, inattendu et instantané qu’elle a connu avec son premier album (20 millions de copies vendues!) semble l’avoir préparée à affronter le monde et ses défis. «C’est un drôle de milieu, convient-elle. Encore aujourd’hui, j’apprends les règles du jeu.» Et vous l’aimez, ce jeu, Mlle Jones? «Oh oui! Il est très amusant!»
Norah Jones
Salle Wilfrid-Pelletier
Samedi à 19 h 30