Culture

Des meurtriers attachants

Entre la comédie et le film d’épouvante, L’Auberge rouge est décrit par son réalisateur Gérard Krawczyk comme une «comédie grinçante». Inspiré d’un fait divers sanglant du début du 19e siècle, le film reprend l’histoire d’un couple d’aubergistes français qui assassinait les voyageurs solitaires pour les détrousser de leurs richesses.

«L’histoire de l’auberge de Peyrebeille, dans l’Ardèche et du procès qui a suivi a profondément marqué les esprits en France», explique Gérard Krawczyk, de passage à Montréal.

En effet, Balzac et d’autres romanciers s’en sont inspirés, et quatre films sur le sujet, en comptant cette dernière version, ont vu le jour à la suite de cette histoire.

«Gamin, j’ai vu le film L’Auberge rouge de 1951 et, franchement, ça m’avait terrorisé!  Ensuite, chaque fois que j’allais en vacances avec mes parents, j’avais peur de m’arrêter dans les auberges», confie le cinéaste.

Il est vrai que la version précédente de L’Auberge rouge présentait des aubergistes plutôt sinistres alors que celle d’aujourd’hui réussit à les rendre à la fois drôles et attachants.  C’était d’ailleurs là le but des coauteurs Christian Clavier et Michel Delgado : faire une adaptation du film davantage orientée vers la comédie.

Passeurs d’histoires
Ainsi, Gérard Krawczyk n’a pas hésité avant de se lancer dans le projet qu’on lui proposait parce qu’il trouvait intéressant de raconter l’histoire à ceux qui ne la connaissaient pas et de l’exploiter d’une façon différente.

«Pour ce film, je me considère un peu comme un passeur d’histoires parce que forcément, les plus jeunes ne connaissent pas ce fait réel qui a marqué le pays. J’avais ici la possibilité de le raconter à ma façon. Je trouvais aussi intéressant d’y travailler parce que je crois que cette histoire a des résonances avec le monde actuel.  Au fond, ces aubergistes, ce sont des chefs d’entreprise qui essaient de boucler les fins de mois, mais qui en viennent à perdre toute éthique en posant des gestes horribles sans trouver ça anormal», affirme celui qui était à la barre des les films à succès Taxi 2, 3 et 4, Wasabi et Fanfan la Tulipe.

De son côté, Josiane Balasko, qui incarne Rose, la femme aubergiste, avait aussi vu le film précédent sur le sujet et affirme ne pas avoir hésité à s’impliquer dans le projet.

«J’ai accepté dès que Christian Clavier m’a parlé du film. Quand il m’a dit qu’il avait écrit le rôle de l’aubergiste pour moi, j’ai trouvé ça formidable et j’ai été tout de suite partante! »,affirme l’actrice qui dit s’être beaucoup amusée à jouer un personnage mi-méchant, mi-attachant.

«Finalement, c’est un drôle de film et c’est un film drôle», conclut Gérard Krawczyk qui signe, avec cette comédie où l’on s’attache davantage aux meurtriers qu’aux victimes, son dixième film, mais le premier à l’humour noir.

L’Auberge rouge

En salle dès aujourd’hui

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