Culture

Une fascinante odyssée

Marc-André Lemieux, Métro

Disons-le tout de suite, Mutantès est une réussite. La nouvelle création de Pierre Lapointe, présentée en grande première hier soir à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, impressionne par sa trame musicale chargée d’émotion et sa mise en scène léchée (signée Claude Poissant) qui nous transporte dans un univers parallèle, aux limites de la science-fiction.

Tout ce que touche Pierre Lapointe se transforme en or… ou plutôt en art. On aurait bien voulu tempérer notre enthousiasme face à cette Å“uvre inédite, mais en vain. À la fin de la représentation, la foule était debout, ravie et conquise.

En noir et blanc

Un grand rideau noir au pied duquel se trouve une porte. Une lumière blanche. Silence.

Pierre Lapointe apparaît, tout de gris vêtu. Il entonne Ces étranges lueurs, l’une des 20 nouvelles chansons du spectacle. Au moment où les guitares se déchaînent, l’immense drapé se lève et nous dévoile une scène inclinée et dépouillée, sur laquelle bondiront une douzaine de danseurs-choristes.

Quelque peu statique en début de prestation, Pierre Lapointe nous captive par sa voix, à la fois forte et vulnérable. Que ce soit sur des titres électro, rock ou acoustiques, le courant passe. Les nouvelles compositions de l’excentrique chanteur sont si puissantes qu’elles réussissent à nous toucher à tout coup, et ce, malgré le décor sombre et froid qui défile sous nos yeux. De la mélancolique Les lignes de la main à la provocante Au bar des suicidés, en passant par la poétique Les petites morts (chantée en dernier), les titres inédits de Mutantès sont à la hauteur des attentes.

On aurait toutefois aimé des transitions plus fluides entre chaque numéro, une musique continue qui contribuerait à créer une ambiance encore plus forte. Le réveil à la fin serait brutal, mais le voyage n’en serait que plus intense.

Avec Mutantès, Pierre Lapointe conserve sa fiche parfaite. Après nous avoir charmés avec ses deux premiers albums solo et nous avoir éblouis l’an dernier, en compagnie de Yannick Nézet-Séguin et de l’Orchestre métropolitain du Grand Montréal, lors du spectacle de clôture des 19es FrancoFolies, le chanteur hausse de nouveau la barre.

Jusqu’où se rendra-t-il, ce mutant?

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