Culture

Iggy Pop & The Stooges: après le calme… la tempête!

Marc-André Lemieux, Métro

Ça fait plus de 30 ans que les Stooges ne se sont pas produits à Montréal. C’est du moins ce qu’estime le batteur du groupe, Scott Asheton, en tout début d’entrevue.

Après quelques secondes de réflexion, le musicien avoue finalement ne pas être certain d’avoir déjà donné un concert au Québec – selon nos informateurs, il serait venu en 1991 au Spectum avec Alice in Chains. «Ça fait longtemps, dit-il à l’autre bout du fil. Et je ne me rappelle pas grand-chose de cette époque.»

Et pour cause! De 1967 à 1974, ces précurseurs du punk versent dans tous les excès. Certains vont même jusqu’à dire qu’on leur doit le célèbre adage «sexe, drogue et rock’n’roll»…

C’est au milieu de la décennie 1970, après avoir lancé trois albums subversifs, qu’Iggy Pop et les frères Asheton mettent fin à leur aventure, au grand désarroi de leurs nombreux fans qui aimaient bien leur image de petits voyous. La décision survient au lendemain d’un concert particulièrement bordélique à Detroit, la ville natale de la formation, au cours duquel Iggy lance des insultes aux motards qui composent la majeure par­tie de l’audience…

Trente-quatre ans plus tard, le groupe est de retour non seulement sur scène, mais aussi sur disque.

En mars 2007, il lançait The Weirdness, un album qui, contrairement aux
précédentes offrandes du quatuor, ne passera pas au rang de classique. Les amateurs ne s’en font pas outre mesure : après de nombreuses années de silence, ils affluent de toute part pour célébrer le retour de ce que plusieurs considèrent comme le premier groupe culte de l’histoire de la musique.

Métro a parlé musique, retrouvailles et Temple de la renommée du rock’n’roll avec Scott Asheton.

Vous vous êtes reformés en 2003, mais ce n’est que quatre ans plus tard que vous avez lancé The Weirdness. Pourquoi avez-vous attendu tout ce temps avant de
retourner en studio?

On était occupés à donner des spectacles un peu partout. Et puis, on voulait voir comment les choses allaient se passer. On voulait également voir s’il y avait une raison de faire un nouvel album. Comme les choses allaient plutôt bien, et on a décidé que ça serait l’fun d’avoir de nouvelles chansons pour nos spectacles.

Il y a 30 ans, vos concerts étaient attendus avec une certaine appréhension. Comment la réaction du public d’aujourd’hui se compare-t-elle avec celle de l’époque?
Les gens sont très, très enthousiastes. Ils semblent nous respecter pour ce qu’on a accompli par le passé et pour ce qu’on fait aujourd’hui. Les choses ne pourraient pas mieux aller.

Trente-quatre ans ont passé depuis la parution de votre premier album studio. Comment s’est déroulé l’enregistrement de The Weirdness?
On a passé beaucoup de temps chez Iggy, à Miami. L’album est le résultat d’une approche réfléchie, peut-être même un peu trop réfléchie. C’est pour ça que le disque ne ressemble en rien à ce qu’on a déjà fait. Mon frère et moi, on a déjà commencé à travailler à de nouveaux trucs. On a changé notre façon de faire : on fait juste jouer de la musique, sans trop penser à composer une chanson.

Comment se porte la scène punk rock à l’heure actuelle?

Très bien. Il y a beaucoup de jeunes groupes très talentueux. Ma fille est une fan de plusieurs d’entre eux. Elle nous suit partout en tournée, mais ce n’est pas pour nous voir. Elle préfère les nouveaux bands. Pour elle, on est juste OK.

Quels sont les jeunes groupes que vous aimez plus particulièrement?

Cobra Starship, Muse, Snow Patrol, Turbonegro… The Hives. On vient de donner un spectacle avec eux et ça s’est très bien passé.

Étiez-vous surpris que Madonna vous demande de jouer lors de son intronisation au Temple de la renommée du rock’n’roll, en mars dernier?

Oui. Au départ, je ne savais pas quoi en penser. Mais elle fait savoir aux organisateurs qu’elle ne se présenterait pas à la cérémonie, à condition qu’on joue quelques-unes de ses chansons. Elle leur a tordu le bras, et ils ont été obligés de nous inviter. C’était sa façon de protester contre le fait qu’on n’a toujours pas été intronisés. En tant qu’artistes originaires de Detroit, il faut se serrer les coudes!

Avez-vous aimé l’expérience?

Ça s’est bien passé, mais je pense que si on n’avait pas dit à la foule qu’on allait jouer deux pièces de Madonna, personne ne se serait douté que c’étaient deux de ses anciennes chansons! On les a faites à notre manière. On leur a apporté notre touche.

Êtes-vous frustrés de ne pas encore avoir été admis au Temple de la renommée du rock’n’roll?
Je crois qu’il doit y avoir quelqu’un quelque part qui ne veut pas qu’on y soit et j’aimerais connaître ses raisons. J’étais convain­cu qu’on allait nous y introniser il y a quelques années, mais ça ne s’est pas fait. On devrait y être, aux côtés des Ramones et des Sex Pistols.

Iggy Pop est-il toujours aussi fou sur scène?

Oui. Il donne tout un spectacle! Il est tout aussi imprévisible et enflamme toujours autant la foule. Il ne refait jamais la même chose et c’est pour ça qu’on l’aime.

Iggy & The Stooges
Mountain Stage
Dimanche à 20 h

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