Soutenez

Si Led Zeppelin m'était conté

Après avoir signé une biographie des Rolling Stones et consacré un livre à Bob Dylan, François Bon s’attaque à une autre légende de la musique des décennies 1960-1970 : Led Zeppelin. Dans Rock’n roll, un portrait de Led Zeppelin (aux éditions Albin Michel), l’auteur français retrace l’histoire du groupe culte fondé par Jimmy Page, Robert Plant, John Bonham et John Paul Jones.

Nous avons donné un coup de fil à François Bon, qui sera au Salon du livre de Montréal vendredi, samedi et dimanche.

Vous n’êtes pas le premier – et sûrement pas le dernier – à vous attaquer à Led Zeppelin. Comment fait-on pour écrire une biographie qui se distingue des autres?

Sur Led Zeppelin, des bouquins, il n’y en a pas tant que ça, et ceux qui ont été publiés ne me racontent pas les histoires que je veux entendre. Par exemple, Jimmy Page, à 16 ans, est un guitariste prodige, mais il arrête pour faire les beaux-arts. Dans tous les livres, c’est juste écrit : «Pendant un an, il fait les beaux-arts.» Moi, je veux en savoir plus sur cette période méconnue de sa vie. J’en veux plus. S’il avait existé un livre sur Led Zeppelin qui m’avait convenu, je n’aurais pas pris la peine d’en écrire un.

On dit qu’avec ce livre, vous terminez un cycle d’exploration mythographique des années 1960 et 1970. Avez-vous réellement le sentiment d’en avoir fait le tour?

Non, bien au contraire. J’ai l’impression d’être dans un champ complètement ouvert, ce qui n’était pas le cas au début de mon exploration. Au départ, je m’étais tracé un schéma. Les Rolling Stones pour les années 1960, Dylan pour la guerre froide, la crise de Cuba et le mouvement civique des Noirs aux États-Unis, et Led Zeppelin pour les années 1970. Mais aujourd’hui, je sais qu’on peut aller beaucoup plus loin que ce qu’on connaît. Voilà pourquoi depuis quelques mois, je travaille à une biographie de Jimmy Hendrix.

Pourquoi avez-vous choisi d’étudier l’histoire au moyen de la musique?

Les héros de ma génération, ce n’était pas des écrivains, des hommes politiques ou des acteurs de cinéma. On peut étudier les guerres, mais ce sont les petits détails du quotidien qui nous renseignent le plus sur une époque. Les mÅ“urs de l’époque, la façon dont on se déplaçait d’une ville à l’autre, l’auto-stop… Tout ça était très influencé par la musique.

Led Zeppelin est-il à l’origine de l’adage «sexe, drogues et rock’n’roll»?

C’est plutôt venu lors de la tournée des Rolling Stones en 1972. Par contre, il est vrai qu’on a collé cette image aux membres de Led Zeppelin, car ils savaient très bien s’en servir.

La collecte d’information a-t-elle été plus compliquée pour Led Zeppelin qu’elle ne l’avait été pour Bob Dylan et les Rolling Stones?

Oui, parce qu’ils ont une stratégie du secret qui a été beaucoup plus élaborée. Au début, en 1969, ils ne faisaient pas attention, ils n’étaient pas très connus. Par la suite, en réaction à la presse anglaise qui a été très dure avec eux, ils ont commencé à protéger énormément leur vie.

Que pensez-vous d’une réunion du groupe sans Robert Plant?

Je respecte la décision de Plant. Je suis très dubitatif quant aux résultats d’éventuelles retrouvailles du groupe.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.