PaGAGnini, le classique dévergondé
Ara Malikian entretient une relation orageuse avec la musique classique depuis près de 40 ans.
Le Libanais d’origine arménienne qui, à titre de premier violon de l’Opéra royal de Madrid, a été invité à jouer avec les plus prestigieux orchestres du monde, ne cache pas son aversion pour l’aura de snobisme qui se dégage de cette musique.
«Je n’aime pas la manière dont la musique classique est perçue aujourd’hui : elle est considérée comme quelque chose de sérieux que seuls les connaisseurs peuvent apprécier à sa juste valeur, alors qu’en réalité, ce n’est pas du tout le cas. Prenez moi, par exemple. On n’a pas besoin d’être très intelligent pour aimer la musique classique!»
Ce désir de démocratiser la musique qui l’a rendu célèbre a poussé Ara Malikian à monter, en 2007, PaGAGnini, un spectacle humoristique où il revisite, avec trois musiciens, les grands canons de Bach, de Vivaldi et de Chopin.
«On mélange plein de styles : le jazz, la musique tsigane, le rock, la pop… explique-t-il. Pendant le concert, on passe de Mozart à U2!»
Une énergie différente
C’est avec la compagnie espagnole de théâtre sans paroles Yllana qu’Ari Malikian a créé PaGAGnini, dont la grande première nord-américaine aura lieu ce soir à Montréal.
Les extraits du spectacle disponibles sur YouTube nous révèlent un univers déjanté, voire burlesque, à des kilomètres de l’image coincée qu’on se fait d’un récital de musique classique traditionnel.
«Ça nous a toujours un peu ennuyés de voir que les jeunes ne s’intéressaient pas à la musique classique, raconte Malikian. Ce qu’on propose, c’est une énergie différente.»
Pour capter l’attention du public, Ara Malikian et son ensemble à cordes ne reculent devant rien, pas même quelques petits pas de danse. «On me demande souvent si je suis un entraînement particulier pour tenir le rythme soir après soir, dit Malikian. Et la réponse est non. Quand je suis sur scène, je donne tout ce que j’ai. C’est ça, mon exercice. Et puis, je n’ai pas le temps d’aller au gym!»
PaGAGnini
À la Maison Théâtre
Jusqu’au 19 juillet