D’un instant à l’autre avec Jorane
Le 10e album de Jorane, L’instant aimé, réunit les nombreux univers que l’artiste a explorés durant sa carrière.
On l’a connue comme violoncelliste; elle a chanté en français, en anglais et dans une langue inventée; elle a repris avec sa touche très personnelle une collection de chansons de la francophonie. Et c’est un peu tout ça qu’on trouve sur son 10e album, L’instant aimé, croit Jorane. «Ce n’était pas forcément voulu, mais c’est comme une espèce de résumé de tout ce que j’ai fait jusqu’à maintenant», souligne l’artiste.
Et ce bilan imprévu, croit-elle, marque le début d’une nouvelle période de sa carrière. «Il s’est passé tellement de choses, j’ai touché à tellement de facettes de la musique, que je pense que je suis rendue ailleurs, dans un nouveau chapitre, expose-t-elle.
Un des albums qui a contribué à me faire faire un pas de géant, c’est Une sorcière comme les autres, mon disque d’interprétations. Ç’a tellement été un apprentissage grandiose, ç’a fait de moi une meilleure interprète autant des chansons des autres que de mes musiques à moi.»
Grâce à cet apprentissage, L’instant aimé est l’opus de Jorane «qui a le plus de prise au sol», dit-elle. «Les textes y sont pour beaucoup, c’est plus ouvert, ajoute-t-elle. Mais il y a aussi l’instrumentation de base qu’on a choisi de garder du début à la fin, avec du marimba, de la contrebasse, de la guitare classique, du violoncelle évidemment, ici et là du piano, de la clarinette… On a enregistré tout le monde ensemble, dans une même pièce. Il y a quelque chose de beaucoup plus spontané là-dedans, ça laisse de la place à l’imprévu.»
Ce «tout le monde» à qui la violoncelliste fait référence, ce sont ceux qui l’ont entourée tout au long du processus de création. Jorane a notamment co-réalisé l’album avec Jean Massicotte (Pierre Lapointe, Lhasa, Arthur H) : «Il était extraordinaire, s’exclame-t-elle. Il est très imaginatif, dès les premières rencontres, on parlait d’instruments et on tripait les deux, et on imaginait plein de choses. Je pense que lui aussi entend plein de mélodies et de timbres dans sa tête!»
Parce que Jorane, elle, en entend beaucoup. Tellement, en fait, qu’elle a déjà un album presque prêt qui n’attend qu’à être lancé, avoue-t-elle. «J’imagine les gens avec qui je voudrais travailler, avec quel genre d’instrumentation j’aimerais tourner… Tout est possible! s’exclame-t-elle. Avec tout ce que j’ai expérimenté en musique, je me suis créé le plus beau terrain de jeu du monde, et là, je compte approfondir les règles de chaque game!»
Heureuse d’un printemps
«Fleurs», «rivières», «oiseaux», «lumière», autant de mots évoquant la nature parsemés dans les textes de Jorane. Et c’est voulu, affirme celle-ci. «C’est un album de printemps! s’exclame-t-elle. Je voulais que ce soit lumineux ce n’est pas un album où on se prend la tête et où on déprime.»
Pour coécrire les textes originaux de L’instant aimé, elle a fait appel à son vieil ami Reggie Brassard. «On s’est connus à Québec, à l’époque où on était plusieurs artistes à commencer, avec la même faim au ventre, à vouloir jouer, collaborer partout, se souvient-elle. On s’est perdus de vue pendant un moment, puis je l’ai retrouvé… et je ne l’ai pas lâché! Les textes sont issus de beaucoup d’heures de discussions philosophiques et amicales, et on en est très contents.»
L’instant aimé
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