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Le retour de Martha Wainwright

Photo: Denis Beaumont/Métro

Martha Wainwright s’arrête au Corona ce soir pour présenter des pièces de son étonnant et poignant dernier album, Come Home to Mama. Entretien.

À l’écoute de votre nouvel album, on sent que beaucoup d’événements personnels se sont produits depuis la sortie de votre disque hommage à Édith Piaf…
Beaucoup de choses, oui… Mais j’avais très hâte de faire un autre disque. Souvent, les femmes qui ont des enfants trouvent ça difficile de renouer avec leur carrière. Moi, j’ai su qu’il me fallait revenir tout de suite à la musique. Pour moi, pour le petit et aussi pour ma mère [la regrettée Kate McGarrigle].

Le disque s’ouvre sur une chanson d’excuses à votre amoureux et se termine sur une chanson à votre fils. Dans ce morceau, vous lui avouez que vous avez été très triste ces dernières années, mais que, ce qui vous rend heureuse, c’est de l’avoir eu, lui, et donc d’être devenue maman. Est-ce de là que vient le titre de l’album, Come Home to Mama, une phrase également tirée de Proserpina, une chanson de votre mère, que vous interprétez aussi sur l’album?
Exactement. Tout est connecté. La mort de Kate, la naissance de mon fils, le fait, pour moi, de devenir maman, mais d’être soudain une femme sans mère… Je ne pensais jamais que ça finirait comme ça. Que je deviendrais adulte sans qu’elle soit là. Sur ce disque, j’ai donc voulu aborder des thèmes propres à une femme dans la trentaine, prise dans un mariage d’amour très intense. Parce que, laissez-moi vous dire que, faire durer un mariage, c’est du travail! (Rires) Mais bon, j’avoue que, dans mes paroles, j’ai tendance à amplifier la réalité, pour la rendre plus intéressante. Cela dit, tout a changé dans ma vie… mais
ça va.

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Sur le titre Can You Believe It, vous chantez «plus je deviens fâchée, plus je vieillis»… et pas l’inverse. C’était important, pour vous, de faire cette nuance?
Oui! (Rires) J’ai fini par accepter de vieillir, parce que les femmes qui m’ont tout montré, ce sont mes tantes et ma mère. Des femmes qui sont toujours restées très naturelles, qui ont vieilli avec beaucoup de grâce. Elles ne se sont jamais torturées avec des histoires de cheveux gris et tout ça. Moi-même, je ne fais pas la poupoune!

Vous avez toujours été très indépendante, rebelle. Vous sentez-vous toujours ainsi?
Moins. (Rires) Lorsque ma mère est tombée malade, je m’en suis terriblement voulu, parce que j’avais passé beaucoup de temps à me rebeller contre elle. Et finalement, elle est morte tellement jeune! Après sa disparition, j’ai arrêté de me révolter et je me suis rapprochée de ma famille. J’ai cessé de penser que tout le monde était contre moi, une chose qui m’a toujours mal servie. Ma mère me l’a souvent répété et ce n’est que lorsqu’elle est partie que j’ai compris qu’être toujours fâchée, ce n’est pas une bonne façon de vivre.

Diriez-vous que vous êtes davantage en paix aujourd’hui?
Oui. Je crois qu’il fallait que je prenne un peu de force de ma mère – elle était toujours très à l’aise – pour pouvoir devenir moi-même une maman, plutôt que de me détruire et de tomber dans une dépression. Je sens aujourd’hui que, pour mon fils, je me dois d’être plus responsable. Comme je n’ai pas vraiment le choix de continuer à travailler, je veux que mon art ait plus de résonnance dans le monde.

Martha Wainwright
Au Corona, lundi à 21 h

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