Culture

Malajube avec le sourire

L’année 2009 a souri à Malajube. Lancé en février, le troisième opus de la formation, le sombre et complexe Labyrinthes, a permis au quatuor originaire de Sorel-Tracy de récolter les honneurs à l’ADISQ, au GAMIQ et au Prix de Musique Polaris.

Mais quand vient le temps de tracer le bilan de tout ce que la formation a accompli depuis janvier, Julien Mineau choisit de retenir un événement qui n’a rien à voir avec l’obtention d’une statuette dorée. Selon le chanteur et guitariste, c’est sur la scène du Métropolis que Malajube a connu son plus beau moment des 12 derniers mois, voire de son histoire. «Dans la vie de tous les jours, on n’a pas l’impression d’être des rock stars, mais quand on joue devant 2 000 personnes, c’est difficile de ne pas le sentir!» décrit-il à l’autre bout du fil.

À l’entendre parler de l’ambiance magique qui régnait dans l’enceinte montréalaise en cette chaude soirée d’été, on ne s’étonne pas d’apprendre que le quatuor tentera de rééditer l’exploit ce soir, en compagnie des membres de «sa famille élargie», les groupes Bateau noir et Clues.

Apprivoiser les médias
L’année 2009 a aussi permis aux gars de Malajube de se familiariser avec les rouages d’une campagne promotionnelle bien menée. Alors que Le compte complet et Trompe-l’Å“il étaient parus sans tambour ni trompette, Labyrinthes est arrivé dans les bacs au terme d’un blitz médiatique sans précédent pour le groupe.

D’une série d’interviews avec la presse écrite à une apparition fort remarquée à Tout le monde en parle, en passant par la visite de quelques stations de radio, Julien, Thomas, Francis et Mathieu ont dû se faire violence et se prêter à un jeu dont ils ne connaissaient pas les règles. «Nous, on a appris à jouer de la musique. C’est ça qui nous intéressait. On n’a pas suivi de cours de diction, on n’a pas appris à gérer la pression d’une entrevue live, devant les caméras, devant un million de téléspectateurs… On dirait qu’on parle encore plus mal dans ces circonstances-là!» s’exclame Julien Mineau.

L’heure des choix
Quand on leur avait parlé en début d’année, les gars de Malajube s’entendaient tous pour dire qu’ils ne souhaitaient pas répéter l’expérience de Trompe-l’Å“il et s’embarquer dans une exténuante tournée partout dans le monde. Mission accomplie, indique Julien Mineau, alors que le groupe s’apprête à mettre fin à sa série de spectacles. «Cette fois-ci, on a choisi nos shows, raconte l’auteur-compositeur. On a fait un peu moins de tournées aux États-Unis et en Europe. Et c’est un peu ça qui m’écoeurait. Partir trois semaines, je n’aime pas ça. Je ne me sens pas trop bohème. Quand tout va mal dans ta vie, c’est peut-être le fun partir, mais, quand tout va bien, ça ne l’est pas.»

Le côté plus obscur et triste de Labyrinthes explique également pourquoi le chanteur a tenu à écourter la tournée et à commencer l’écriture du quatrième opus de la formation, qui s’annonce plus lumineux. «Ç’a été dur d’écrire des paroles noires de même… de se morfondre pendant un an à essayer d’écrire de quoi d’intelligent, mais de déprimant, raconte Mineau. J’ai vu des gens en détresse venir me parler après les shows et je me suis rendu compte que ça ne les aide pas. C’est pour ça que j’ai envie de rendre les gens heureux avec le prochain album.»

Pour le plaisir
En attendant de rentrer en studio en 2010, Malajube a lancé un mini-album de quatre morceaux inédits, rescapés des séances d’en­registrement de Laby­rin­thes. Paru le 9 décembre dernier, Contrôle est offert en version numérique, mais aussi en format vinyle dont le tirage est limité à 300 exemplaires. «Ça fait du bien de sortir quelque chose qui ne fait pas partie de l’industrie, souligne Julien Mineau. C’est un projet entre amis, pour le fun. Ça ne paiera pas le loyer et c’est ben correct de même. On le fait pour l’art, pour le plaisir de la chose.»

Pour plus de détails sur le groupe, visitez le site de Malajube.

Malajube
Au Métropolis
Ce soir à 20 h

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