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Movie 43 : une comédie nouveau genre avec Halle Berry

Movie 43 réunit une belle brochette d’acteurs, incluant Halle Berry, Hugh Jackman, Kate Winslet et Naomi Watts. Photo: Alliance films

Movie 43 présente dans un même film plusieurs séquences humoristiques.

Avant même de commencer l’entrevue, le réalisateur Peter Farrelly veut s’assurer que je travaille pour une vraie publication. «Métro? On dirait un journal tout droit sorti de Superman!» lance-t-il. Après l’avoir rassuré et lui avoir expliqué que Métro est bien réel, nous pouvons parler de son nouveau projet. Movie 43 met en scène plusieurs segments humoristiques chapeautés et joués par des réalisateurs et des acteurs différents. Un projet tout aussi réel que Métro, même si Farrelly n’a pas été épaulé par son frère Bobby, avec qui il a piloté les mégasuccès Dumb and Dumber et There’s Something About Mary. Métro – un vrai de vrai journal – a discuté avec lui.

Movie 43 compte sur une distribution du tonnerre (Hugh Jackman, Halle Berry, Kate Winslet, Richard Gere, Emma Stone, Naomi Watts, Gerard Butler et Uma Thurman, entre autres). Comment avez-vous réussi à les convaincre?
Quand il a approché Kate et Hugh, le producteur Charlie Wessler a dit que les frères Coen allaient réaliser le film. Puis, je me suis présenté en leur disant que les Coen avaient dû annuler! [Rires] J’étais très nerveux, en fait, de diriger Kate Winslet, Halle Berry et Hugh Jackman. Je pensais qu’une fois sur le plateau ils allaient me dire : «Tu n’es pas sérieux. Je ne peux pas faire ça!» Non seulement ont-ils embrassé le projet, mais ils ont joué le jeu comme si leur carrière en dépendait! Ils poussaient même pour aller plus loin. C’est moi qui ai dû les arrêter en leur disant de se calmer!

Est-ce grâce à l’internet et à des sites comme Funny or Die, qui ont rendu les sketchs très populaires, qu’on peut faire des films comme Movie 43 aujourd’hui?
La capacité d’attention des gens a chuté de façon draconienne au cours des 10 dernières années. Ça aurait été impossible de ne faire qu’un film mettant bout à bout des courts métrages, sans fil conducteur. Il fallait quelque chose qui lie Movie 43. Il fallait qu’on ait le goût de savoir ce qui allait se passer à la fin. La différence entre le film et Funny or Die – que j’adore, soit dit en passant –, c’est que nous n’avons pas eu de limites. Funny or Die ne peut pas faire tout ce qui lui plaît. Le site doit respecter certaines règles puisqu’il est accessible à tous sur l’internet. Notre film est réservé aux adultes. Nous nous sommes permis d’aller plus loin.

Est-ce que l’internet, par exemple, vous facilite la tâche pour recruter de nouveaux talents comiques?
C’est là que nous trouvons presque tous nos nouveaux talents. Charlie parcourait Funny or Die et le reste de la Toile et contactait ceux qu’il trouve drôle en leur disant : «Vous êtes hilarant. Nous faisons un film composé de plusieurs séquences humoristiques. Vous voulez en écrire une?» L’internet a sans aucun doute fait avancer la comédie. Cela dit, il y a quelque chose de magique qui se passe en ce moment dans le monde de la comédie. L’humour à la télévision – et la télévision en général d’ailleurs – ne s’est jamais aussi bien porté. Depuis que la télé a été inventée, on a produit des ordures et, soudainement, on fait des séries incroyables. Le contenu télévisuel est bien meilleur que ce qui se fait au grand écran actuellement.

C’est étonnant que ça sorte de la bouche d’un réalisateur de films.
C’est vraiment ce que je pense. On présente de la très bonne comédie à la télévision. Avant, il fallait parfois attendre trois ou quatre ans pour voir une bonne série. Aujourd’hui, il y en a des tonnes. Il faut être très drôle pour se démarquer.

Comment avez-vous choisi les segments que vous avez dirigés dans le film?
J’ai choisi les meilleurs! [Rires] Je suis le producteur, après tout. Non, en fait, j’ai choisi ceux que je trouvais les plus drôles. En passant, je peux vous dire tout de suite que nous aurons une cote de 6 % sur Rotten Tomatoes… si nous sommes chanceux! Parce que c’est un film révolutionnaire, étrange et offensant! Les critiques ne sauront pas comment le prendre. À mon avis, ça s’écoute comme un concert rock. Mais ce n’est pas pour tout le monde. Les gens jugeront par eux-mêmes.

Rendez-vous avec Halle
Stephen Merchant s’est bâti une belle carrière derrière la caméra en tant que co­scénariste et coréalisateur, avec Ricky Gervais, de séries comme The Office, Extras et Life’s Too Short. Mais il ne dédaigne pas non plus de passer devant la caméra. Et justement, Peter Farrelly l’avait en tête pour un segment de Movie 43.

Je crois comprendre que ça n’a pas été trop dur de vous convaincre de prendre part à Movie 43.
En effet, Peter m’a demandé : «Veux-tu être dans un sketch de blind date avec Halle Berry?» J’avais dit oui avant qu’il se soit rendu à «Berry». C’est peut-être la meilleure offre que j’aie jamais reçue! (Rires)

Les détails du film sont gardés secrets, mais que pouvez-vous nous dire au sujet de la folie de votre segment?
Je ne sais pas ce que j’ai le droit de dire! En gros, Halle et moi sommes réunis pour un blind date, et elle propose de jouer à Vérité ou conséquence. Nos «conséquences» commencent de façon modeste et escaladent vers l’absurdité et le comique grotesque.

Peter Farrelly prédit que Movie 43 va obtenir une cote de 6 % sur Rotten Tomatoes…
Si on est chanceux! Je suis fasciné par la disparité entre l’opinion des critiques et celle du public. Je n’ai plus aucune idée de la façon dont le public et les critiques vont répondre. Je vais voir des films acclamés par la critique que je déteste, et vice versa.

Vous avez plutôt bien réussi le passage de l’écriture au jeu d’acteur, d’abord dans la série Extras. Cela faisait-il partie de votre plan?
Toujours. Je me suis toujours senti comme un acteur. Je n’ai jamais eu l’intention de mettre ça de côté. Quand nous avons fait The Office, nous n’avions pas d’expérience d’acteur, et il nous aurait semblé un peu fou de nous essayer tous les deux en même temps. Mais Ricky [Gervais] et moi savions que je passerais devant la caméra un jour, et quand nous avons fait Extras, ça a semblé étrange aux gens parce qu’ils ne me voyaient pas comme un acteur. C’est pour ça qu’on ne m’offre pas souvent de rôles, je crois!

Movie 43
En salle dès vendredi

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