Soutenez

Docville: des documentaires à l’année

Photo: Collaboration spéciale

Lors de leur 15e édition, qui s’est tenue du 7 au 18 novembre dernier, les RIDM ont fracassé les records d’audience en accueillant 40 000 festivaliers. Assez pour donner à Charlotte Selb, directrice de la programmation, une très grande raison de célébrer. Mais, bien que ravie de ces chiffres et de cette édition qu’elle qualifie «d’extraordinaire», cette passionnée de cinéma croit que le documentaire, lui, se doit d’être célébré à longueur d’année.

C’est pourquoi elle a décidé de créer, en compagnie de Roxanne Sayegh, directrice générale des RIDM, les projections mensuelles Docville. Des projections de documentaires (que des premières montréalaises), qui se tiennent tous les derniers jeudis du mois à l’Excentris et qui entrent désormais dans leur seconde année d’existence. «Au départ, notre but, c’était d’inciter les spectateurs qui fréquentaient les RIDM à visionner des documentaires au cinéma toute l’année, en dehors des 10 jours de festival, explique-t-elle. Mais, après un certain temps, on s’est rendu compte qu’au moins 30 % des gens qui assistaient aux projections Docville ne connaissaient pas du tout les RIDM! Ils étaient là parce qu’ils avaient été intéressés par le sujet de tel film ou par tel cinéaste.»

Il faut dire qu’au fil des mois, les œuvres mises de l’avant par Docville sont stylistiquement fort diversifiées. L’an dernier, par exemple, nous avons pu visionner des longs métrages aussi distincts que Walk Away Renee, de Jonathan Caouette, et Duch, le maître des forges de l’enfer, de Rithy Panh.

Preuve de cette variété sans cesse renouvelée, ce soir, c’est Photographic Memory, un film très personnel de l’Américain Ross McElwee, qui sera projeté. Un film dans lequel le documentariste tente de dénouer, à sa manière, la relation houleuse qu’il entretient avec son fils, tout en partant sur les traces de son propre passé et de sa propre jeunesse. «Ross McElwee vient de la culture du cinéma direct, rappelle Charlotte. Son style, qui est celui de l’investigation à la première personne et de l’autobiographie, a inspiré plusieurs cinéastes à inventer une forme plus pamphlétaire, comme Michael Moore ou Morgan Spurlock. Cela dit, Photographic Memory, c’est un film léger, poétique, humoristique, qui sera comme une petite bouffée d’air frais en plein cœur de l’hiver!»

Comme c’est souvent le cas, la projection sera suivie d’une période de questions-réponses avec le réalisateur, par Skype. Des instants d’échange primordiaux pour la directrice de la programmation. «On n’est pas très glamour et tapis rouge chez nous! s’amuse-t-elle. Les cinéastes que nous présentons sont très accessibles!»

Celle qui voit entre 400 et 500 docus par année souligne que «le documentaire demeure mal connu». «À cause du manque d’accessibilité, les gens voient souvent ce qui est montré à la télé. Une forme plus formatée, qui ressemble davantage à du reportage. Alors que le documentaire d’auteur n’a rien à voir!» L’important, selon Charlotte Selb, c’est donc d’inciter les gens à consommer ce genre cinématographique en salle. Notamment, pendant Docville. «On est fiers de la sélection à venir! Je pense que ce sera l’occasion pour les spectateurs d’être surpris et de découvrir des réalisateurs vraiment intéressants!»

Docville : Photographic Memory
Cinema Excentris
Jeudi soir à 19 h

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.