Culture
13:33 28 janvier 2020 | mise à jour le: 29 janvier 2020 à 10:37 temps de lecture: 3 minutes

Lina Boghossian: panser ses blessures avec la peinture

Lina Boghossian: panser ses blessures avec la peinture
Photo: Nouvelles Saint-Laurent News – Laurent LavoieAvant d’être peintre à temps plein, Lina Boghossian était aussi architecte et sculptait.

Après des années tumultueuses au Moyen-Orient, la Laurentienne Lina Boghossian présente ses œuvres dans de multiples expositions à Montréal. Odyssée, accessible au Café De Da dans Ahuntsic-Cartierville, réalise entre autres un survol des émotions traversées par la peintre en acrylique lors de la guerre en Syrie.

Lina Boghossian se souviendra encore longtemps du printemps arabe, période où la guerre a notamment éclaté en Syrie, dont à Alep. En plus d’y avoir grandi, elle y a vécu avec son mari et ses trois enfants.

À deux reprises, des attaques ont eu lieu tout près de sa résidence familiale. En novembre 2012, les Boghossian ont décidé de prendre le chemin du Liban, dans la région de Baabdat. Celle qui est aujourd’hui âgée de 58 ans a continué de vendre ses toiles et de donner des cours privés.

Après six ans, en raison de l’instabilité économique, elle a dû plier bagage pour le Canada.

«J’ai pu vendre cinquante toiles, c’était très bien. J’avais aussi mes élèves», raconte la peintre. Mon mari travaillait, mais pour les enfants, il n’y avait pas d’avenir.»

Œuvres

Pendant tout ce temps, celle qui a une maîtrise en arts visuels au Liban a continué de peindre.

«Chaque toile raconte une petite partie de ma vie», dit la détentrice d’un diplôme en peinture à l’Académie Saryan, à Alep.

Le thème de la fuite, expérimentée par sa famille, est largement représenté dans ses œuvres. Elle serait caractérisée principalement par des mouvements de pinceaux à la verticale, comme le démontre Chercheur de paix.

«Tout ce qui était cette peur, cette souffrance, tout ça, je l’ai exprimé par la peinture et les couleurs», dit la Laurentienne.

Avant toute création, Mme Boghossian mentionne qu’elle s’assure de méditer pour replonger dans ses souvenirs.

Avant le début de la guerre, des teintes plutôt claires habitaient les toiles de Mme Boghossian, mais elles se sont noircies et rougies au début de la guerre. Elle est toutefois revenue à ses anciennes habitudes à son arrivée au Québec.

Intégration

Les œuvres de Mme Boghossian ont facilité son intégration à Saint-Laurent.

Elle a multiplié les expositions un peu partout à Montréal, dont dans son arrondissement d’accueil avec le Musée des maîtres et artisans du Québec et au Centre des loisirs.

Sa famille s’est installée dans le quartier Côte-Vertu en 2018, près du métro. C’est une amie de la famille qui lui a recommandé le secteur.

«Tout le monde est bien accueillant», dit Mme Boghossian.

Son mari est parvenu à compléter sa francisation, deux de ses enfants ont décroché des emplois et une a fait son entrée à l’université.

Exposition Odyssée de Lina Boghossian, jusqu’au 28 février, Café De Da (545, rue Fleury Est)

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