Soutenez

Philémon chante: improvisation mixte

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Philémon Bergeron-Langlois en a donné, des spectacles, depuis ses débuts. Et sa rentrée montréalaise ne lui occasionne pas plus ou moins de stress que n’importe quel autre spectacle : «Ce n’est plus la nervosité d’affronter le public, mais celle d’aller au bout de ce qu’on a décidé de faire aujourd’hui, et qu’à la fin du spectacle qu’on sente qu’on a tout donné», explique-t-il.    
C’est que le jeune homme n’aime pas faire deux fois la même chose et mise plutôt sur l’improvisation. Il est d’ailleurs allé chercher des musiciens qui aiment foncer dans un spectacle où rien n’est prévu, sinon la forme des pièces. «Des fois, tu pars la pièce comme tu ne l’as jamais partie avant, et c’est ça qui est beau, s’exclame le chanteur. Le défi, c’est de te rendre jusqu’au bout à partir de ce nouveau départ.»

C’est d’ailleurs de cette manière un peu improvisée que s’est créé le premier album de Philémon chante, Les sessions cubaines. «Cet album se base sur la spontanéité, il n’y a pas moyen de recréer ça sinon en reproduisant le même genre de circonstances un peu éphémères qui donnent cette énergie. Ça serait comme raconter la même joke 20 fois de suite…»

À Cuba dans le but de se reposer, le jeune homme avait rencontré des musiciens et décidé, sur un coup de tête, d’enregistrer son album avec eux. Il n’était jamais allé à La Havane, n’avait pas d’endroit où habiter en arrivant, et pourtant, deux semaines plus tard, son album était enregistré. «C’était mon premier album, rappelle-t-il. Et normalement, quand on fait un premier disque, on veut avoir l’air super bon, on se booke trois mois de studio… Mais moi, je me suis dit : Si ça se faisait dans les années 1950, enregistrer un album en deux jours, pourquoi pas aujourd’hui? C’est comme la différence entre un examen et un travail long, à l’école. J’aime l’idée d’avoir à performer maintenant.» 

Philémon répéterait-il l’expérience? Oui, à condition de trouver une façon de la refaire pour que ça soit intéressant. «Mais ç’a été une révélation, pour moi, de jumeler les expériences de la musique et de la rencontre entre cultures, se souvient-il. Il n’y avait plus de Cubains et de Québécois en studio, juste des gens passionnés qui travaillaient, qui étaient à la même place à cause de la musique.»

Seulement à Cuba…
Si c’est par hasard que Philémon a enregistré à Cuba, il n’est pas certain que l’expérience aurait aussi bien marché s’il l’avait fait ailleurs. «Il y a quelque chose de propre à la culture cubaine. C’est du monde qui n’a pas grand-chose à perdre, ils n’ont pas peur de foncer dans un projet comme ça qui n’a pas d’allure, parce qu’ils sont habitués à ce que rien n’ait de bon sens, que tout passe par la dé­brouillardise. Je me sens très proche de cette culture.» 

Philémon chante
À la Sala Rossa
Jeudi à 20 h

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.