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BumRush: le Royaume

Le crime organisé, Michel Jetté connaît. Ses précédents films, Hochelaga et Histoire de Pen, y pataugeaient. Et il en va de même pour son nouveau long métrage BumRush. «Je n’avais pas planifié une trilogie, avoue le réalisateur. L’idée est apparue après une recherche de six mois, après l’Opération SharQC. Des guerres de territoires étaient déclenchées.»

Ces affrontements sont au cÅ“ur du récit. Pendant que des rafles policières mettent à l’ombre les têtes dirigeantes des motards et de la mafia italienne, des gangs de rue cherchent à se partager leur territoire. C’est dans ce contexte que le Kid (Emmanuel Auger) et ses anciens camarades militaires entrent en scène, prêts à tout pour protéger un bar situé en zone neutre.

«Depuis 2001, j’ai parlé avec d’authentiques portiers, des ex de l’armée, des gars de gangs, d’anciens criminels, des policiers, des travailleurs sociaux, des gens du milieu carcéral, explique le metteur en scène. J’ai extrait de leurs témoignages les éléments qui en mon sens étaient représentatifs et importants. Ensuite, je les ai intégrés dans une dramatique qui tenait compte le plus possible de la réalité de la rue.» Afin de renforcer son souci de véracité, le cinéaste a fait appel à de nombreux comédiens non professionnels et à plusieurs acteurs inconnus. Le seul visage reconnaissable est celui d’Emmanuel Auger, le héros d’Histoire de Pen, qui était loin d’être hors de son élément. «J’ai passé 20 ans facile dans les bars, rappelle le sympathique interprète. J’étais gérant au Edgar Hypertaverne. J’ai vu des gars se faire poignarder, des gars se faire mettre un gun en dessous du menton et même des bum rush.»

Ce terme renvoie aux individus qui défoncent les lignes de portiers, notamment lors de règlements de compte. Pour Michel Jetté, son dernier conte hyperréaliste traite principalement de stratégie. «La fonction de la stratégie est la victoire. La télévision de ces dernières années l’illustre bien : tout est question de compétition. Pour être dans une philosophie de compétition, il faut que tu développes les comportements qui vont avec : des comportements agressifs qui visent à obtenir quelque chose par la victoire. L’expression de «bum rush» exprime ça aussi. Des fois, je trouve que ça ressemble beaucoup au monde dans lequel on vit.»

La réalité rejoint la fiction
Il y a quelques semaines, le rappeur et har­moniciste Bad News Brown était assassiné. Dans BumRush, il incarnait un dangereux gangster. «Personne ne comprend ce qui est arrivé, note le réalisateur Michel Jetté. Il n’avait pas d’ennemis. Mauvaise place au mauvais moment? On ne sait pas. Et la machine à rumeurs est tellement facile à partir… il faut arrêter ça. Une enquête est en cours… Nous, ça nous a foutus à terre. Ç’a été un deuil épouvantable. S’il y a quel­qu’un qui voulait voir le film à la première, c’était bien lui.» 

BumRush
En salle dès vendredi

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