La pellicule sociale de Festivalissimo
À partir de ce soir, et jusqu’au 5 juin, les cinémas l’Impérial et l’ONF vibreront au rythme de l’Amérique latine et de la péninsule ibérique. Festivalissimo ouvre ses portes pour une 16e édition qui, si on en croit l’adjoint à la direction du festival, Gilbert Vallière-Léveillé, s’annonce prometteuse.
«Il y a énormément de films très forts, qui témoignent d’une vision unique du cinéma, explique-t-il. Et puis beaucoup de grands cinéastes ont produit quelque chose cette année.» De grands cinéastes, au premier rang desquels on peut citer Matias Bize, dont le dernier long-métrage, La vida de los peces (La vie des poissons), sera présenté en ouverture du festival ce soir à 19 heures, au Cinéma l’Impérial.
Récipiendaire d’un prix Goya en février dernier, le film a été présenté par le Chili en soumission officielle pour les Oscars. «Nous avons voulu mettre en avant ce cinéaste, lui offrir une vitrine de choix pour faire connaître son travail», rapporte Gilbert Vallière-Léveillé. Deux de ses précédents films, En la cama (Dans le lit) et Sabado, une pellicula en tiempo real (Samedi, un film en temps réel), seront par ailleurs présentés en rétrospective.
Sur les 27 films qui seront projetés durant le festival, 15 sont en sélection officielle pour les prix El Sol, qui seront remis le 4 juin lors de la cérémonie de clôture. À parcourir cette sélection, on note une tendance des cinéastes à revenir sur le passé («Peut-être à cause des bicentenaires de l’indépendance, que beaucoup de pays ont fêtés récemment», avance Gilbert Vallière-Léveillé). Par exemple, Post Mortem, du Chilien Pablo Larraìn, qui revient sur l’autopsie du président Salvador Allende, en 1973; par exemple, aussi, le travail de Niles Atallah, qui utilise le prétexte des funérailles de Pinochet pour dresser un bilan de la dictature dans Lucìa.
Autre tendance qui se dégage de la programmation : un penchant pour l’autopsie sociale. La vida sublime (La vie sublime), de l’Espagnol Daniel V. Villamedina, ausculte ainsi la génération de la dictature de Franco. Les Argentins Santiago Loza et Ivàn Fund ont quant à eux suivi, dans Los Labios (Les lèvres), le parcours de trois travailleuses sociales à travers les villages pauvres de leur pays.
Mais, si Gilbert Vallière-Léveillé concède que «beaucoup de cinéastes dépeignent les conflits socio-économiques de leurs pays», il ne faut pas pour autant tirer de conclusions hâtives. «Un film comme Karen llora en un bus (Karen pleure dans un bus), du Colombien Gabriel Rojas Vera, est en réaction face à ce cinéma, en essayant plutôt de capter le quotidien.»
Fiesta latina : le cinéma et la culture
«L’objectif du festival est de faire découvrir du cinéma de qualité parmi l’abondante production latino-américaine, mais aussi de décrire l’éventail de cultures, de cultures et de richesses d’une vingtaine de pays», raconte Gilbert Vallière-Léveillé.
C’est pour ça que, pour la deuxième année, le festival se double d’un volet festif. Performance, ateliers, musique, salsa, tango… du 3 au 5 juin au Square Cabot (métro Atwater), c’est fiesta latina!
Coups de cœur
Gilbert Vallière-Léveillé partage ses trois coups de cÅ“ur du festival.
– La vida de los peces (La vie des poissons) du Chilien Matias Bize
«Un travail sensationnel!»
L’histoire d’un journaliste globe-trotteur qui revient au Chili faire ses adieux, après dix ans d’absence.
– Pequenas voces (Petites voix) des Colombiens Jairo Carillo et Oscar Andrade
«J’espère vraiment que ce film trouvera un distributeur ici!»
Ce docu-fiction animé, qui se place dans la lignée du film Valse avec Bachir, est une animation réalisée à partir des dessins d’enfants colombiens, qui racontent leur enfance bouleversée par la guerre.
– Gatos Viejos (Vieux chats) des Chiliens Sebastian Silva et Pedro Peirano
«Une prestation inoubliable de l’actrice principale!»
Une femme d’âge mûre est contrainte de cacher ses crises de démence à sa fille cocaïnomane.
Festivalissimo
Jusqu’au 5 juin