Soutenez

Moby: intime et personnel

Jessica Émond-Ferrat - Métro

D’entrée de jeu, Moby affirme que le sujet dont il aime le moins parler est… lui-même. «J’aime parler d’art de politique, de philosophie, de théologie, de musique… mais pas de moi! Mais je sais que ça fait partie du métier», concède-t-il.

D’autant plus qu’éviter le sujet serait difficile, étant donné que son nouvel album, Destroyed, est un opus «très privé», qu’il a composé aux petites heures du matin dans des chambres d’hôtel, alors qu’il était en tournée. «Mon inspiration pour cet album est venue de l’étrangeté du voyage, des aéroports, des chambres d’hôtel, des villes vides à 3 h du matin… Quand on est à la maison, on sait ce que notre lit sent, où est la garde-robe, où aller acheter des bananes… Mais en voyage, on se retrouve dans une ville où on ne sait pas comment se déplacer, où aller pour se nourrir; on ne parle pas la langue… On devient comme un bébé dans un espace inconnu.»

C’est à partir de cette prémisse que l’artiste a créé ce neuvième album studio, aux pièces atmosphériques et planantes «à écouter avec des écouteurs dans un train ou seul dans une rue à 3 h du matin, mais surtout pas dans un party!» prévient-il. Simultanément, Moby fait paraître un livre de photographies qui, lui aussi, explore l’étrangeté des voyages et des espaces anonymes. «Je suis photographe depuis que j’ai 10 ans, explique-t-il. J’ai décidé de faire ce livre pour montrer le monde dans lequel je vis quand je voyage et demander aux gens : « Pouvez-vous m’aider à comprendre cela? Est-ce que ça a du sens pour vous? »»

Il faut dire que, pour Moby, l’art est avant toute chose un dialogue entre l’artiste et le public. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’évolution de l’industrie musicale, au cours des dernières années, lui plaît particulièrement. «L’industrie a beaucoup plus de sens à mes yeux qu’elle n’en avait il y a 10 ans, affirme le musicien. C’est beaucoup plus égalitaire maintenant. Si un groupe n’avait pas le soutien des médias dans ce temps-là, il passait inaperçu. Maintenant, il peut quand même avoir une carrière, parce qu’il rejoint le public directement. Et au fond, c’est tout ce qui compte : aider les musiciens à faire de la bonne musique et aider les gens à l’entendre.»

Et de la «bonne mu­sique», ce n’est pas la pop moderne, croit-il. «Ce n’est pas que ça soit mauvais… mais ce n’est pas de la musique, c’est un produit. J’aime la musique qui est le résultat du travail d’un musicien essayant de s’exprimer. Et combien de chansons peut-il y avoir à propos des clubs de nuit?»

Destroyed

En magasin dès mardi

Moby à l’hôtel
Si Destroyed a été écrit dans des hôtels, quelle musique écoute Moby quand il s’y retrouve?? «Si je dois me réveiller, j’écoute Iggy Pop ou du vieux disco, dit-il. J’écoute aussi beaucoup de musique classique. J’adore l’époque romantique; Debussy est un de mes compositeurs préférés. Et rien ne me calme autant que des chants gré­goriens.» 

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.