Bruce Headlam devant la caméra
Chef de pupitre de la section Médias du New York Times, Bruce Headlam, confie avoir fini par oublier les caméras braquées sur lui pendant un an pour le tournage de Page One: Inside the New York Times. Métro lui a parlé.
Quelle a été votre réaction à ce projet?
J’étais très réticent, mais mon patron, Bill Keller, a pensé que c’était une bonne idée. Je n’avais pas envie que quelqu’un me suive avec une caméra pendant toute une année. Je ne voyais pas non plus quelle valeur aurait ce projet; on n’est pas les vedettes du New York Times! Je comprenais le concept du film, mais je me demandais ce qu’il aurait d’intéressant.
Et maintenant?
Au final, beaucoup de choses intéressantes se sont produites pendant cette année; une centaine de mises à pied au Times, WikiLeaks… On dirait que Rossi a été bien plus visionnaire que moi!
Vous croyez que le film représente bien l’état actuel des choses?
Oui! Même si vous ne lisez pas le New York Times, si vous êtes intéressé par l’avenir des médias, je crois que ce film rend bien compte de la situation. C’est à propos du journalisme en général, et du fait que malgré toutes les avenues qui s’offrent à nous grâce à l’internet, il y a des considérations économiques qui rendent de plus en plus difficile le rôle de chien de garde de l’information que les journalistes ont traditionnellement assumé.