Soutenez

Perreau, piano et beaucoup d'impro

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Yann Perreau en solo? On se doutait bien que, même seul, le chanteur saurait conserver cette présence scénique qui lui est propre. Et comme de fait, «Yann Solo» n’a pas déçu. D’abord par son entrée sur scène, pour le moins remarquable : vêtu seulement d’un caleçon blanc, brandissant une scie à chaî­ne (!), le jeune homme a ensuite effectué une sorte de strip-tease à l’envers, se rhabillant sensuellement avant de descendre de la scène, pour monter plutôt sur une plateforme au milieu de la salle où se trouvait un piano à queue.

C’est avec Soul Circus que Perreau a ouvert ce con­cert dépouillé et visiblement plutôt improvisé, où le rock a fait place aux arrangements acoustiques. Il ne faudrait pas en déduire pour autant que Perreau avait perdu de son mordant. Au contraire : il a poursuivi la soirée, étendu sur son piano, en racontant un rêve érotique au public, pour enchaîner avec la très belle Pousse-moi des ailes.

Belles, toutes les pièces l’étaient d’ailleurs, la voix feutrée du chanteur accompagnant magnifiquement ses aériennes notes de piano. Et entre chaque moment magique, tel un gamin malicieux, l’artiste trouvait un nouveau moyen de faire s’esclaffer l’audience : en lançant des légumes et des sandwichs aux gens du public, par exemple. À d’autres mo­ments, il s’est plutôt fait théâtral, citant les mots de Lucien Francœur, d’Arthur H, de Louis-Ferdinand Céli­ne, ou encore le poème Je danse, de Jean-Paul Daoust – en accompagnant bien sûr les paroles de pas de danse.

Perreau s’est aussi permis quelques moments plus personnels : sa douce moitié, Marie-Pier Veilleux, est venue le rejoindre sur scène pour jouer de la guitare pendant qu’il chantait Petites boîtes, version française de la chanson-thème de la série Weeds,   et il a aussi dédié l’émouvante La chanson la moins finie à la mémoire de son père.

Et pour clore la soirée en beauté, le chanteur est remonté sur la scène principale, faisant s’ouvrir les rideaux pour qu’on y découvre… ses musiciens, arborant un caleçon blanc, qui ont accompagné Yann le temps de quelques mesures. Comme quoi on ne sort pas si facilement le rockeur du gars…

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.