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Kid Rock: chasser le naturel

Marc-André Lemieux - Métro

Chassez le naturel, il reviendra au galop, dit-on. Kid Rock a beau avoir soufflé ses 40 bougies et lancé son premier CD sans autocollant mentionnant un contenu explicite, ça ne l’empêche pas de renouer avec son passé de rebelle écervelé. C’est du moins ce qu’il a démontré hier au Théâtre du Centre Bell. Le chanteur a passé la soirée à alterner entre ses diverses personnalités : celle du rappeur effronté au goût prononcé pour la vulgarité gratuite et celle du rockeur engagé caressant le rêve de remplacer Springsteen.

Plusieurs spectateurs s’attendaient sans doute à accueillir un Kid Rock bien assagi. Car depuis la sortie de Rock n Roll Jesus, en 2007, le chanteur poursuit un virage «grand public» qui lui vaut le respect de la critique. Exit le hip-hop-rock pesant qu’il privilégiait au tournant du siècle. L’homme qui se plaisait à filmer ses parties de jambes en l’air n’est plus. Le Kid Rock version 2011 préfère les rythmes country au rap qui décoiffe, comme en témoigne Born Free, son huitième opus paru l’an
dernier.

Sur scène, le décalage entre les titres de ses deux plus récentes offrandes et le reste de son répertoire paraît énorme, surtout lorsqu’ils sont joués les uns à la suite des autres.

C’est avec un montage vidéo rétrospectif que le spectacle a commencé. Tout y est passé : des photos prises à l’école primaire, des images de ses débuts en tant que rappeur, des années de vaches maigres, de son accession à la gloire avec la parution de l’opus Devil Without a Cause (1998) écoulé à 11 millions de copies. Après une pesante American Bad Ass, tirée de The History of Rock (2000), le chanteur a changé de registre avec God Bless Saturday, une ode au week-end à saveur folk.

Histoire de prouver qu’il n’a pas perdu son penchant pour la provocation, Kid Rock a enchaîné avec You Never Met a Motherf*cker Quite Like Me, pendant laquelle des images de pitounes à moitié nues défilaient sur les écrans. L’ex de Pamela Anderson ne s’en est pas tenu là : à deux reprises durant le concert, les spectateurs ont aussi eu droit à des numéros de danse poteau (Cowboy et la très subtile So Hott).

Les fans du «nouveau» en ont aussi eu pour leur argent, grâce à de vibrantes interprétations d’Only God Knows Why (au piano), de Fist of Rage (assis sur une chaise pliante au milieu de la passerelle) et de Picture, chantée en duo avec une choriste.

Assister à un concert du Kid, c’est aussi assister à une folle démonstration de patriotisme. Sur les planches, la star originaire du Michigan donne l’impression de célébrer le 4 juillet 365 jours par année, multipliant les clins d’œil à sa patrie chérie : du chapeau de cowboy au drapeau américain, en passant par le décor évoquant une vieille brasserie du Midwest et les vidéos montrant les constructeurs automobiles de Detroit… Ah, ces Américains…

Jonas en apéro
Assurant la première partie du concert, Jonas et son groupe, The Massive Attraction, n’ont pas failli à la tâche. Leur prestation de 40 minutes a su réchauffer une foule qui tardait à remplir les gradins. La formation a joué les titres de son dernier opus, Big Slice, paru l’an dernier. Un rock vitaminé – quoique formaté – qui semblait répondre aux attentes des spectateurs. Ceux-ci ont toutefois accueilli les relectures proposées par le groupe avec beaucoup plus d’entrain que ses compositions originales. In the Air Tonight (Genesis) et Edge of Seventeen ont ainsi reçu de chaleureux applaudissements.

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