The Devil's Double: Tel père, tel…
Même si Dominic Cooper a reçu des critiques enthousiastes pour une grande partie du travail qu’il a accompli dans des films tels que The History Boys et An Education, aucune de ces performances n’avait procuré à l’acteur lui-même le sentiment d’accomplissement qu’il a éprouvé en jouant dans The Devil’s Double.
«Pour la première fois de ma vie, je suis très fier de mon travail dans un film, confie l’acteur britannique de 33 ans. On l’est rarement. On a plutôt tendance à observer les choses qu’on a faites d’un œil critique et à n’en voir que les défauts.»
Dans le film, Dominic Cooper incarne deux personnages réels : Oudaï Hussein, le fils de Saddam Hussein, et Latif, un soldat iraquien enrôlé de force pour servir de doublure à Oudaï.
«Il était difficile d’interpréter le troisième personnage, c’est-à-dire Latif dans la peau d’Oudaï, soutient l’acteur. Il fallait trouver un équilibre. Comment Latif pouvait-il arriver à se faire passer pour un autre? Comment cet homme, qui était un bon soldat et un honnête citoyen, arrivait-il à incar-ner ce monstre sadique?»
Et qualifier Oudaï Hussein de monstre sadique n’est pas exagéré. En effet, la conduite de celui-ci, caractériel, violent et débauché, défiait tout sens moral. «Il n’avait aucune limite en tant qu’être humain, et je ne m’en suis pas imposé non plus pour jouer ce personnage, précise Dominic Cooper. Il se fichait de ses actes et de la réaction des gens. Il faisait ce que bon lui semblait. C’est ainsi que j’ai abordé le rôle.»
Pour ce film, l’acteur a aussi dû relever le défi colossal de se donner la réplique à lui-même. Les scènes où les deux hommes apparaissent ensemble étaient tournées une première fois avec Cooper dans le rôle d’Oudaï; puis, on les reprenait, mais en lui faisant jouer cette fois le rôle de Latif. Cette démarche explique peut-être pourquoi l’acteur était inquiet du résultat final.
«Je filais me changer, puis j’essayais de me souvenir exactement comment la scène s’était déroulée, se souvient-il. Dans mes oreilles, je m’entendais la jouer. Or, c’est très désagréable de s’entendre jouer une scène, de se dire qu’on a été épouvantable… et d’essayer d’être excellent en se donnant la réplique à soi-même!»
Un public différent
Comme Dominic Cooper a accepté la tâche délicate d’incarner un homme d’une autre race, il appréhende qu’on lui fasse des commentaires très durs sur sa performance.
«J’ai hâte de voir les réactions des gens qui proviennent de cette partie du monde», affirme-t-il. Apparemment, il a déjà eu une bonne critique.
«J’ai reçu des compli-ments du passager d’un autobus qui n’avait vu que la bande-annonce. Il s’est penché par la fenêtre et m’a demandé si j’étais l’homme qu’on voyait dans le film. Il était arabe et il m’a dit que j’étais très crédible dans mon rôle», raconte l’acteur.
«Cela représente beaucoup pour moi. Au départ, penser que je pouvais jouer un Arabe était une idée assez ridicule, vraiment.»
The Devil’s Double
Présentement en salle