La nouvelle ère de Présence autochtone
Après une édition un peu décousue l’an dernier, le «déménagement» de Présence autochtone au mois d’août et à la place des Festivals est maintenant officiel, et le festival passe à une nouvelle étape de son développement.
«On entre dans une nouvelle ère, en quelque sorte, et on sent que c’est généralisé : les arts, la culture des Premières Nations prennent de plus en plus d’espace, il y a de plus en plus d’artistes qui trouvent des voies originales, les œuvres sont de plus en plus largement reconnues, explique le directeur de l’événement, André Dudemaine. Ce courant qui était souterrain depuis plusieurs années a fini par jaillir au grand jour.»
André Dudemaine est fier de présenter une programmation jeune, incluant des artistes de la relève comme Elisapie Isaac, Samian et Forestare, notamment. Néanmoins, le directeur précise que l’accent mis sur la modernité ne signifie pas que le festival accordera moins d’importance à la tradition.
«La pensée amérindienne, c’est une pensée circulaire, explique-t-il. Et dans un cercle, il n’y a pas de hiérarchie; aucune forme d’art n’est considérée supérieure à l’autre. C’est l’une des caractéristiques du festival; dès le départ, nous ne faisons pas de distinctions entre arts contemporains et arts traditionnels. Ils se côtoient, se marient, se nourrissent l’un l’autre. Ça fait partie de notre proposition artistique.»
André Dudemaine dit aussi espérer que la nouvelle plage horaire et que l’intérêt croissant pour les arts autochtones permettront à Présence autochtone de contribuer encore davantage au pouvoir d’attraction touristique de Montréal: «On sait qu’il y a plusieurs clientèles internationales qui sont très sensibles aux cultures autochtones, affirme-t-il. On redonne à Montréal un peu de ses couleurs originales, ce qui nous permet de nous distinguer des nombreux autres festivals.»
Incontournables
Nous avons demandé à André Dudemaine de nous faire part de quelques coups de cœur de l’année.
- L’exposition Guides de voyages, de Chris Bose et Martin Loft, à la Guilde canadienne des Métiers d’art: «C’est super intéressant de voir ce mélange des traditions religieuses autochtones, des récits mythiques à caractère spirituel et de la tradition chrétienne.»
- Le film Qapirangajug: Inuit Knowledge and Climate Change, de Zacharias Kunuk: «C’est un grand documentaire où des chasseurs inuits parlent des changements climatiques. La réflexion de ces chasseurs, qui ont une connaissance intime du territoire où le phénomène est le plus évident, est fascinante.» Le 9 août à 20 h 30, à l’ONF.
- Le concert-bénéfice de Forestare, qui a lieu lundi à 20 h à la Grande Bibliothèque: «C’est quelque chose de singulier et d’accessible, fait avec beaucoup de fougue.»
Présence autochtone
Du 2 au 9 août