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Ma part du gâteau: une classe à part

Cédric Klapisch aime bien se réinventer. Après le récit d’initiation et le film choral, il s’attaque à la comédie engagée avec Ma part du gâteau en opposant deux classes sociales : celle des rois du monde, qui contrôlent l’échiquier économique, et celle du commun des mortels, qui doivent trouver un moyen de survivre. Une fiction qui n’a aucune difficulté à s’ancrer dans la réalité.

«Quand j’ai commencé à réfléchir au scénario, c’était la fin de la crise financière et le début de la crise sociale, raconte le cinéaste et scénariste, rencontré durant son passage récent à Montréal. Bizarrement, le sujet est encore plus actuel au­jourd’hui qu’à l’époque, car il y une reprise de la crise financière. On n’a pas réussi à remodeler la fi­nan­ce com­me on l’espérait, on n’a pas réussi à freiner les cessations d’activités, les délocalisations, les licenciements. Je pense que, quand on est réalisateur et qu’on choisit un sujet, on sent les trucs qui se passent autour de nous.»

Citant Charlie Chaplin comme inspiration, le metteur en scène a pris le pari de traiter d’un sujet aussi sensible par l’essor de la comédie. «Il y a un risque quand on part dans un film comme ça. On se dit que soit ça ne sera pas drôle, soit ça sera raté ou de mauvais goût. L’équilibre est fragile… C’était un peu le but du film, de rire de choses pas drôles. On réfléchit bien lorsqu’on est dans l’humour.»

À l’image de ses ouvrages précédents, Ma part du gâ­teau rappelle l’importance du collectif pour l’individu. «Je pense que c’est le contraire de la phrase de Sartre : le paradis c’est les autres et l’enfer c’est soi-même, propose Cédric Klapisch, qui planche sur un troisième volet de L’auberge espagnole. Mieux vaut prôner la solidarité et partager le gâteau que de le garder pour soi.»

À la toute fin
Alternant entre le drame social et la comédie romantique, Ma part du gâteau se termine par une finale ouverte où le cinéaste n’a pas nécessairement voulu prendre position.

«C’est la première fois que j’affronte un sujet d’actualité et je ne peux pas conclure sur un truc qui est en train de se produire, explique Cédric Klapisch. J’essaye de poser l’enjeu d’un affrontement actuel. C’est grosso modo ce que dénoncent les indignés d’Occupy Wall Street, en disant qu’il y a 99 % des gens affamés et 1 % qui ramasse tout l’argent et vit de l’argent volés aux autres. Qu’est-ce qui se passera? Je n’en sais rien. Ce qui est clair, c’est qu’il faut taxer les transactions financières. Mais on ne sait pas si ça se fera. C’était important pour moi de terminer le film en suspens, parce que je n’ai pas forcément de réponses à ce sujet.»

Ma part du gâteau
À l’affiche dès vendredi

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