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Martha Marcy May Marlene: vous avez dit «secte»?

Ned Ehrbar - Metro World News

Le premier long métrage du cinéaste Sean Durkin, intitulé Martha Marcy May Marlene, décrit le traumatisme que repré­sentent la vie dans une secte et la libération de l’emprise de cette dernière, même si le mot «secte» n’est jamais prononcé.

D’ailleurs, la protagoniste du film, incarnée par Elizabeth Olson, qui livre d’ailleurs une prestation saisissante et déchirante, parle peu, n’aident pas du tout sa sœur (Sarah Paulson) et son beau-frère (Hugh Dancy) à comprendre pourquoi elle est si troublée.

Suivant une chronologie brisée qui met en relief la paranoïa grandissante de Martha, le film est à la fois magnifique et perturbant. Toutefois, pour Sean Durkin, le plus perturbant, c’est la facilité avec laquelle il a trouvé d’anciens membres de secte prêts à partager leur expérience avec lui pendant qu’il faisait des recher­ches pour le projet.  

D’où vous est venue l’inspiration de ce film?
Au début, je désirais très simplement faire un film sur une secte. Je n’avais pas l’impression d’avoir vu quoi que ce soit de moderne et de naturaliste. Je voulais faire quelque chose qui montre un peu plus la manipulation subtile. J’ai commencé à écrire et à en parler. Lorsqu’on commence à en parler, les gens répondent toujours qu’un de leurs amis a grandi dans une secte et qu’ils sont sûrs qu’il serait heureux d’en parler. C’est incroyable! Je n’ai pas été obligé de chercher. C’est vraiment courant, ce qui est très étrange.

Les mesures que prend le gourou de la secte (John Hawkes) pour endoctriner votre héroïne constituent presque une marche à suivre.

C’est drôle, ces gars sont tous très génériques. Sérieusement, en lisant à leur sujet, on voit qu’ils utilisent tous les mêmes stratégies. Les choses qu’il fait sont simplement les choses que ces gars répètent continuellement. Seul leur but change.  

Le mot «secte» n’est jamais prononcé dans le film.

Avant de terminer le film et de devoir commencer à en parler, nous n’avions jamais utilisé le mot «secte», car il n’y a pas d’autre mot à utiliser. Nous n’en avons jamais parlé pendant que nous filmions. Avec les acteurs, nous n’avons jamais abordé le sujet ainsi. Ce mot revêt beaucoup de connotations inutiles quand on tourne un film sur une personne qui a été manipulée dans le but de faire certaines choses. Je veux dire que les mem­bres de celles-ci ne discutent jamais de lavie dans une secte et ne pensent pas qu’ils en font partie. Ils croient seulement que ce qu’ils font est bien et conforme à leurs croyances.

Au cours de la même année, votre premier long métrage a été présenté en première à Sundance, où Fox Searchlight l’a acheté, et a été projeté à Cannes et à Toronto avant de prendre l’affiche cet automne. Parlez-nous de votre année.
C’est vraiment intéressant. On produit un film en faisant de son mieux et on le sort en ignorant absolument quelles seront les réactions, vous savez. On n’a que des espoirs. C’est incroyable qu’ils se concrétisent tous!

Martha Marcy May Marlene
En salle dès vendredi

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