Thomas Dutronc: chanteur par accident
Après plus de 400 000 albums écoulés de son premier album, le chanteur et guitariste de 38 ans Thomas Dutronc – oui, comme le Jacques du même nom – revient aux affaires. Métro a rencontré ce «fils de» qui a su voler de ses propres ailes.
Comment avez-vous abordé l’étape du second album?
Ça fait toujours peur, parce qu’on a commencé à flirter avec le public, on a passé une soirée amicale, et on aimerait que la relation devienne plus sérieuse. On a envie d’approfondir son discours. J’ai essayé de rester léger et blagueur, avec un soupçon de second degré, mais aussi de développer une écriture plus sensible et d’ouvrir un peu plus mon cœur.
Le succès du premier album, Comme un manouche sans guitare, vous a-t-il étonné?
Je suis devenu chanteur par accident, ça n’a jamais été mon rêve. J’avais créé un spectacle instrumental de guitare où je ne chantais pas forcément. Je devais juste écrire, composer des chansons et les faire chanter par plusieurs personnes. Mais je me suis posé la question de la tournée, et j’ai finalement décidé de prendre le micro. Au début, j’étais très timide, je n’aimais pas du tout ma voix. Quand je réécoute l’album, j’ai l’impression d’avoir 12 ans!
Vous ne regrettez jamais d’avoir franchi le pas?
Non, car chanter procure aussi plein d’émotions. C’est difficile de tenir en haleine un public en s’inspirant de légendes comme Django Reinhardt avec seulement des chansons instrumentales. C’est pour ça aussi que j’admire des gens comme les membres de Daft Punk, qui savent captiver avec de la musique instrumentale. Ce n’est pas si éloigné du jazz, finalement.
Certaines chansons du disque laissent transparaître un personnage un peu «glandeur». C’est véridique?
Je vois chaque titre comme un sketch, où je peux très bien sortir des trucs personnels, mais aussi faire appel à des fantasmes. Ce n’est pas très intéressant de dire la vérité, donc on fait un mélange des sentiments qui passent par la tête. Je ne suis pas vraiment glandeur, mais j’ai tellement bossé ces temps-ci que j’en rêve!
Plus jeune, vos parents (Jacques Dutronc et Françoise Hardy) vous ont-ils poussé à faire ce métier?
Non, ils m’ont toujours laissé la liberté de choisir. Peut-être un peu trop. À 18 ans, je ne savais pas du tout ce que j’allais faire de ma vie et ils ne m’ont jamais pistonné. J’avais dans l’idée de devenir réalisateur, mais j’ai abandonné l’idée parce que les écoles de cinéma françaises étaient trop éloignées de mon univers, quelque part entre La Guerre des étoiles et les Monthy Python. Finalement, j’ai préféré le côté convivial de la guitare.
Etre «simplement» guitariste vous comblait-il?
Quand j’ai commencé à gagner ma vie, à 26 ans, avec la guitare, j’étais heureux, j’estimais que j’avais réussi. Mais dans l’œil des gens, je voyais bien qu’ils attendaient davantage de moi. Maintenant, j’ai l’impression que je force plus le respect.
Vous auriez pu exercer un métier plus conventionnel?
J’aurais bien aimé être artisan, beaucoup travailler, mais demeurer mon propre patron. C’est plutôt difficile de se sentir comme un petit rouage dans un grand système. À l’époque, j’étais sûrement trop orgueilleux. Un peu hippie aussi.
Est-ce qu’on peut imaginer un jour un album enregistré avec vos parents?
En général, ça me soûle quand ils donnent leur avis sur ma musique! Chacun doit rester à sa place. Je ne dis pas que je détesterais, mais ce serait pénible. Disons que ce serait surtout pour passer du temps avec eux, donc autant se voir autour d’un bon dîner. (Rires)
Silence on tourne… on tourne en rond
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