Votez George… Clooney!
Plusieurs diront que le nouveau film de George Clooney, The Ides of March (Les marches du pouvoir), pose un regard très cynique sur la politique américaine. Mais ça ne veut pas dire que le réalisateur, qui est aussi la vedette du film, a baissé les bras face au système actuel.
«Oui, le film est cynique, avance-t-il. Nous ne vivons peut-être pas les jours les plus glorieux de la politi-que, mais si vous regardez les choses que Jefferson et Adams se sont faites, vous réaliserez que l’élection de 1800 était assez pourrie. Les choses évoluent. Je reste optimiste», dit-il.
Le film inspiré de la pièce de Beau Willimon, Farragut North, relate le parcours d’un jeune homme idéaliste (Ryan Gosling) qui travaille pour la campagne d’un charismatique candidat à l’investiture démocrate (Clooney) et qui découvre la vraie nature de la politique. George Clooney, cependant, ne voulait pas faire un film politique.
«Pour moi, c’est un film sur des choix moraux plutôt que sur les dissensions politiques, dit-il. C’est une fable morale qui, transposée dans le monde politique, prend tout son sens.»
«Tout le monde a déjà été confronté à des questions morales, poursuit-il. Tout le monde a déjà fait des choix pour se glorifier, mais qui heurtent les autres au passage. La fin justifie les moyens.» Aux dires de l’acteur, le thème de la politique était plutôt secondaire. «Ça aurait pu se passer à Wall Street», soutient-il.
Avec des longs métrages bien accueillis comme Confessions of a Dangerous Mind et Good Night and Good Luck, Clooney a prouvé qu’il avait autant de succès comme réalisateur que comme acteur. Pour le principal intéressé, il n’existe pas de différences entre l’homme derrière la caméra et celui devant, que tout le monde connaît.
«Le réalisateur est le même gars que l’acteur. Il a sensiblement la même taille, il a les mêmes cheveux…» plaisante-t-il.
Pour son rôle dans The Ides of March, Clooney assure qu’il ne s’est inspiré d’aucun politicien. «Le personnage n’est pas basé sur une personnalité connue, avance l’acteur. C’est si facile de se mettre dans le trouble avec cette question. Nous avons seulement pigé ici et là de petites caractéristiques.»
Selon lui, si les cinéphiles regardent le film dans l’optique de découvrir qui se cache derrière son personnage, ils vont perdre leur temps. «Certains vont penser à John Edwards, par exemple, indique-t-il, mais le film a été scénarisé avant que le scandale n’éclate.»
Il y a souvent un problème de perception avec les films – particulièrement les films politiques –, croit Clooney. «Il faut habituellement deux ans pour faire un film. Les gens croient que les films sont le moteur de la société, avance-t-il. Mais ils ne font que refléter des comportements et des pensées d’ici et d’ailleurs. Si ce film reflète le cynisme politique des dernières années, tant mieux. Ce n’est pas une mauvaise chose de porter un regard sur nos travers.»
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«La soif du pouvoir nuit à la politique» – Jeffrey Wright
Métro s’est entretenu avec l’acteur Jeffrey Wright, qui personnifie le sénateur Thompson, un rival du personnage de George Clooney dans The Ides of March.
Votre personnage permet une critique très acerbe sur la politique.
J’ai lu le scénario avec une pointe de cynisme. J’ai perçu mon personnage comme un égoïste et un opportuniste. Les politiciens ne sont pas tous comme ça, mais, à Washington, même ceux qui gravitent autour des décideurs souhaitent être en position d’autorité, ce qui porte ombrage au véritable travail politique.
Vous êtes-vous inspiré de politiciens connus pour votre rôle?
Oui, de quelques-uns. Mais je ne donnerai pas de noms.
C’était comment d’avoir George Clooney pour réalisateur et covedette?
J’admire le fait qu’il ait porté les deux chapeaux avec autant de calme et d’aisance. Étant un acteur, il comprend nos besoins et ça le rend très efficace.
The Ides of March
En salle dès vendredi