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Adam Cohen: la gloire de mon père

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Dans le mythique appartement du Plateau-Mont-Royal, Adam Cohen est seul avec les journalistes, mais la présence de son père se sent partout, jusque dans la conversation, où son nom revient, naturellement sans arrêt. Mais cela ne semble plus affecter l’artiste, qui en parle avec affection et sérénité.

Adam Cohen ne s’en cache pas : il en aura mis, du temps, avant d’accepter cette «mission» : être le fils du grand Leonard Cohen. «Ça me gêne de penser à toutes les contorsions que j’ai effectuées pendant ma carrière, pour finalement retrouver la voie de la ferme domestique, au lieu de celle qui a été creusée au fin fond de la Sibérie ou d’une jungle tropicale, compare-t-il. Cette voie qui n’avait rien à voir avec mon histoire, mon nom de famille, ni avec l’amour et l’aptitude que j’ai à rendre hommage à cette histoire.»

Sept ans après la sortie quasi simultanée de ses deuxième et troisième al­bums, le fils prodigue ne cherche plus à se distancier de son père. Au contraire : son nouvel opus, Like a Man, se veut un hommage à celui dont il est issu. «C’est une reconnaissance de ma dévotion filiale, de mon amour pour la tradition que m’a laissée mon père», explique-t-il.

Cette reconnaissance s’est forgée au fil des ans, explique celui qui assure n’avoir pas chômé durant ces sept années où il n’a pas sorti de nouvel album. Les pièces qui composent Like a Man sont en fait une collection de chansons qu’il avait déjà composées, «liées par le point commun d’avoir été abandonnées», dit-il.

Devenir père a été une grande source de motivation pour Adam Cohen, admet-il : «Je voulais à tout prix que, le jour où mon fils écoutera mes disques, il soit fier. Qu’il aime ou pas, je veux qu’il soit certain que papa était bon.»

Pour sa part, le musicien affirme que Like a Man est, de tous ses albums, celui dont il est le plus fier. «Il y a une ressemblance, une honnêteté par rapport à qui je suis, qui est plus profonde et plus juste qu’avant, croit-il. Il m’a fallu du courage pour arrêter d’avoir peur de trop ressembler à mon père, alors que je n’y peux rien : la bande sonore de ma vie, ç’a été en grande partie la musique de mon père.»

Et c’est avec un plaisir immense qu’Adam Cohen affirme avoir enregistré ce dis­que : «L’angoisse qui existait pendant les autres projets était entièrement disparue. C’est incroyablement soulageant.»  

Toujours l’amour
Les pièces qui composent Like a Man sont
toutes des hymnes à l’amour, un thème qu’Adam Cohen juge inépuisable.
«Une chanson d’amour, c’est quelque chose de béton, une position fixe,
alors que notre position à nous, quand on est amoureux, est très
malléable, souligne-t-il. C’est ça qui satisfait dans une chanson : ce
sont trois minutes d’une histoire immuable, ce qui nous rassure. Et
d’écrire sur le sujet, ça aide à comprendre ce qu’est l’amour.»

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