Justice: gare au mal de mer
Lorsqu’ils ont explosé sur la scène internationale avec le méga-hit D.A.N.C.E. en 2007, il était assez clair que Gaspard Augé et Xavier de Rosnay, les deux gars de Justice, possédaient un sens de l’image à la hauteur de leur maîtrise des beats électroniques.
Groupe phare de la nouvelle «french touch», Justice a rapidement fait le tour du monde, et on se dit que le magnifique clip de D.A.N.C.E. y était pour quelque chose. Réalisé par So Me (alias Bertrand Lagros de Langeron, graphiste et remixeur associé au label Ed Banger), le vidéoclip nous montrait les deux compères du groupe de la taille au cou, et toute l’action se passait dans les motifs sans cesse changeants projetés sur leurs t-shirts. Simple et original, ce petit film faisait bon usage des talents de
graphiste de So Me, qu’il a laissés de côté pour Audio, Video, Disco.
Cette fois-ci, le clip s’appuie sur des angles de caméra audacieux qui nous font repenser notre rapport à l’espace. À la manière d’un Michel Gondry, qui joue souvent avec la perspective (pensez au génial Lucas With the Lid Off), So Me filme Gaspard et Xavier en train d’enregistrer leur chanson en studio, dans ce qui apparaît comme un plan séquence étourdissant. La caméra tangue de gauche à droite, enchaîne travellings et panoramiques, vole au-dessus de nos protagonistes, traverse les murs et crée au passage des illusions d’optique qui font qu’un plancher se transforme en piano.
S’il est déconseillé aux téléspectateurs sujets au mal de mer, le clip s’avère néanmoins brillant dans sa maîtrise du mouvement.
Cœur de Pirate/Adieu
Après avoir chanté les déceptions amoureuses de l’adolescente qu’elle était jusqu’à tout récemment, Cœur de Pirate aurait pu prendre un virage plus adulte sur son deuxième album. Mais si l’on se fie au clip d’Adieu, premier extrait de l’album Blonde, la belle Béatrice Martin a gardé un pied à l’école secondaire. À première vue, Adieu pourrait même rappeler le clip d’Ensemble, fantaisie rétro située dans une sorte de high school imaginaire. Ici aussi, on croise les grands archétypes de l’imagi-naire adolescent (la star de football, la jolie cheerleader, etc.), mais dans un registre nettement plus sexy et aussi plus surréaliste.
La parenté n’a rien d’étonnant puisque les deux clips ont été réalisés par Jérémie Saindon, qui se spécialise dans l’introduction d’éléments fantaisistes dans le réel. Le clip nous présente Béatrice comme une sorcière bien-aimée décidée à faire payer à son amoureux volage ses nombreux écarts de conduite. C’est Niels Schneider, qu’on a découvert dans Les amours imaginaires de Xavier Dolan, qui tient le rôle du bellâtre infidèle. Chaque fois qu’il s’approche trop près d’une nouvelle conquête, Béa intervient en faisant littéralement exploser ses rivales, ce qui ne manque pas de faire paniquer notre Casanova. Ceux qui l’ont suivie savent que Cœur de Pirate n’est pas du genre à se faire niaiser par un garçon, aussi mignon soit-il. Et sans vouloir dévoiler le punch d’Adieu, disons simplement qu’elle aura droit à sa vengeance.
L’univers MusiquePlus
À MusiquePlus
Le samedi à 15 h
Audio, Video, Disco de Justice
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=4tQsliLK5Uc&w=560&h=315]
Adieu de Cœur de Pirate
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=ltIvO8kkBmg&w=560&h=315]